Les frères
Young naissent tous les deux Ecosse dans les années 50, mais la crise économique fait rage, si bien que leurs parents émigrent pour l’Australie en 1963 pour améliorer leur situation financière.
Malcolm et
Angus ne sont pas passionnés par l’école, et ils préfèrent jouer à la guitare, en espérant, comme leur frère
George, pouvoir vivre de leur musique. Fin 1973,
Malcolm monte AC/DC, avec
Dave Evans au chant,
Larry Van Knedt à la basse,
Colin Burgess à la batterie et
Angus à la guitare. Le groupe donne son premier concert au 31 décembre 1973, au Shakers Club de Sydney, mais rapidement, les frangins
Young se rendent compte que
Dave Evans n’est pas à la hauteur, et son image trop glam fait plus rire qu’autre chose. A la mi-1975, le line-up change donc de manière drastique :
Bon Scott remplace
Dave Evans,
Phil Witschke Rudzevecuis (
Phil Rudd pour les intimes) s’installe à la batterie alors que
Mark Evans devient le nouveau bassiste de la formation.
Le premier album d'
AC/DC, intitulé "
High Voltage", est enregistré en novembre 1974 et paraît en Australie en février 75. Malgré une production en demi-teinte, le groupe fait immédiatement parler de lui, grâce à un rock très carré, des paroles cocasses, et surtout un guitariste soliste au charisme phénoménal.
Angus Young, malgré son jeune âge, possède en effet une grande assurance sur scène : ce dernier n’hésite pas à faire des improvisations au milieu de la foule, à courir avec sa guitare, à imiter le "duck walk" de
Chuck Berry, et à se rouler par terre.
Le succès est énorme, et
AC/DC devient rapidement le groupe le plus en vue en Australie. En septembre 1975, le groupe sort son deuxième album, "
T.N.T." : ce dernier démontre clairement qu’
AC/DC n’est pas qu’un feu de paille. "
Dirty Deeds Done Dirt Cheap" est enregistré en 3 semaines en janvier 1976, et il marque le premier faux pas des australo-écossais : plus bluesy, cet album déçoit les premiers fans, mais ces derniers sont pour la plupart reconquis en 1977 avec "
Let There Be Rock". Sur ce disque au son sale et brut, on trouve des hymnes incontournables du groupe, tels que "
Whole Lotta Rosie", "
Let There Be Rock", "
Bad Boy Boogie", ou encore "
Go Down", dont le solo est une sorte de dialogue entre
Bon Scott et la guitare d’
Angus. Avec ce disque, acdc parvient enfin à convaincre le public européen, mais aux USA, rien n’est encore acquis. Peu après ce succès, le bassiste
Mark Evans quitte le groupe : épuisé par les tournées incessantes et ne s’entendant pas bien avec
Angus, il s’en va pour et se fait remplacer par le britannique
Cliff Williams.
En 1978 sort "
Powerage", un des plus beaux joyaux du groupe, au succès malheureusement relatif. Enregistré de décembre 1977 à mars 1978 sous la houlette de
George Young et
Harry Vanda, cet album montre qu’
AC/DC stagne. Le groupe décide alors de revoir sa copie, et d’aller à l’essentiel avec leur album suivant.
Vanda et
Young sont écartés au profit d’
Eddy Kramer (
Led Zeppelin), mais les séances d'enregistrement en Floride n’aboutissent pas. Le groupe choisit donc
John "Mutt" Lange pour produire son nouvel album, et pendant 6 mois, il peaufine ce qui deviendra l’un de ses plus gros succès. "
Highway To Hell" remporte en effet un succès phénoménal dans le monde entier, grâce à des morceaux plus formatés pour la radio. Après une tournée à guichets fermés en Europe (qui sera immortalisée par le film "
Let There Be Rock", enregistré au Pavillon de Paris en décembre 1979), le groupe connaît une véritable tragédie le 19 février 1980 :
Bon Scott, après une nuit de beuverie au Music Machine de Londres, décède dans sa voiture, après s’être étouffé dans son vomi.
Désemparé, le groupe hésite à continuer l’aventure sans son “grand frère”. Mais en mars 1980,
Brian Johnson, ex-
Geordie et mécanicien de son état, est embauché pour succéder à
Bon. S’en suit un succès gigantesque, avec la sortie de "
Back In Black" en juillet 1980. L’album démarre avec un son de cloche, en hommage au chanteur disparu. Les singles "
Back In Black", "
You Shook Me All Night Long" feront d’
AC/DC les leaders incontestables du Hard Rock, à une époque pourtant marquée par le punk et les débuts du heavy métal.
Le groupe ne se repose pas sur ses lauriers, et continue d’enchaîner les tournées et les albums sur un rythme effréné. En 1981, le groupe s’offre son premier n°1 aux Etats-Unis, avec la sortie de "
For Those About To Rock". Pourtant, malgré le succès, cet album divise et passe difficilement le test du temps, en raison de compositions trop répétitives et peu inspirées.
Après quelques vacances bien méritées,
AC/DC commence sa longue descente aux enfers. Le groupe fait le ménage dans son entourage, et vire une bonne partie de ses ingénieurs studio.
Phil Rudd est également écarté du groupe, en raison d’une trop grande dépendance au haschich : c’est
Simon Wright qui le remplace, après les dernières sessions de
Phil pour "
Flick Of The Switch". Cet album, ainsi que son successeur ("
Fly On The Wall") sont mal produits et très décevants en terme de composition : ils ne donnent finalement qu’une image de ringards à ces papys du rock. Le groupe essaie avec peine de réitérer le succès de "
Back in Black", mais la mayonnaise ne prend plus. En 1986, les frères
Young connaissent enfin un nouveau succès avec "
Who Made Who", un titre destiné à un film de
Stephen King. Propulsé par le single "
Heatseeker", "
Blow Up Your Video" est également une bonne surprise, mais la production de
Vanda et
Young déçoit grandement. Fin 1989,
Simon Wright s’en va, excédé par l’inactivité du groupe. Il est remplacé par
Chris Slade, un batteur chauve très technique. Le groupe renaît véritablement en 1990, avec le gigantesque succès de "
Thunderstruck", un morceau inspiré par un vieil exercice de tapping d’
Angus. Toutefois, en dehors de ce single, l’album est encore une fois très en deçà des compositions des années 70.
En 1993,
AC/DC participe à la bande originale de
Last Action Hero, et remporte un franc succès avec le single "
Big Gun". La renaissance intervient en septembre 1995, avec la sortie de "
Ballbreaker". Après 5 ans d’absence, les frères
Young ont décidé de revenir aux racines de leur son. On retrouve un
AC/DC incisif, inspiré et plein d’humour, avec qui plus est le retour de
Phil Rudd aux fûts ! Des morceaux tels que "
Ballbreaker", "
Hail Caesar" ou encore "
Boogie Man" semblent tous droits sortis des sessions de "
Let There Be Rock" ou "
Powerage" !
Après un an de tournée,
Angus Young effectue un travail de recherches dans les archives studio du groupe, pour nous proposer un hommage à
Bon Scott intitulé "
Bonfire".
Après 5 nouvelles années d’attente,
AC/DC sort de sa grotte pour accoucher d’un véritable bijou, "
Stiff Upper Lip". Supérieur à "
Ballbreaker" en bien des points, il s’agit incontestablement du meilleur album du groupe depuis "
Back In Black". Cet album plus bluesy, au rythme plus posé, montre une formation heureuse de jouer ensemble, avec un
Brian Johnson au sommet de son art. Des perles telles que "
Hold Me Back" ou "
Can’t Stand Still" rappellent les meilleurs riffs de
Chuck Berry, alors que "
Can’t Stop Rock’N’Roll" est le digne successeur de "
Rock’N’Roll Ain’t Noise Pollution". La tournée mondiale qui suit est triomphale. Le groupe fait même une tournée à guichets fermés des stades européens, avec un passage très remarqué au Stade de France le 22 juin 2001.
En 2003,
AC/DC semble plus que jamais apprécier la scène : le groupe joue ainsi en première partie des
Rolling Stones en juin 2003, dans ce qui constitue déjà une tournée mythique. Le prochain album studio, annoncé pour fin 2005, devrait quant à lui voir le retour de
John "Mutt" Lange à la production. On n’a donc pas fini de taper du pied !