Après une carrière solo remarquée,
E, fils du célèbre Dr. Hugh Everett III, l'un des plus grands scientifiques du 20ème siècle de son état, se lance en formation sous le nom de
Eels en compagnie de
Tommy Walters à la basse, et
Butch (aka
Jonathan Norton) et balance en 1996 alors que personne ne s'y attendait une bombe du pop rock, l'album "
Beautiful Freaks", qui pour reprendre les
LesInrocks.com, est beaucoup plus
beautiful que
freak. Grand succès grâce au premier single, "
Novocaïne For The Soul", pourtant d'une noirceur flagrante. La richesse musicale de l'album n'étant pas étrangère au succès du groupe, on peut aussi y ajouter une atmosphère propre à
Eels, vacillant de la déprime à la mélancolie avec une aisance déconcertante.
Eels est alors en passe de devenir l'une des nouvelles "
next big thing" mais l'épouvantable arrive pour
E qui perd sa mère et qui voit sa soeur se suicider. S'ensuit alors une longue période noire où l'homme à la voix rauque et mélodique va utiliser ses envie de créations comme moyen de d'introspection.
"
Electro Shock Blues" voit alors le jour en septembre 1998, accompagné de mélodies tristes et sombres où
E ira même jusqu'à chanter des passages autobiographiques. Peut-être par sensation de voyeurisme, ce second album ne rencontrera pas le succès du premier album et sera même rejeté par le grand public.
Le temps de se reforger une santée mentale et de sortir de sa dépression, c'est "
Daisies Of The Galaxies" qui parait en 2001, transpirant la nostalgie jusque dans sa pochette, sorte d'illustration de livres éducatifs des années 50. Les guitares se font plus gaies, le chant plus poussif, en compagnie de rivières qui coulent et d'oiseaux qui chantent.
E reprend goût à la vie mais ne pousse pas le vice au point de sortir de tubes gniangnian puisque "
Selective Memory" vient clore l'album. On finit donc sur une touche fondamentalement triste... Enfin presque puisque "
Mr. E's Beautiful Blues" pointe son nez du côté des bsides de l'album et devient très rapidement le nouveau tube de
Eels, motivant du coup Dreamworks à sortir une nouvelle édition de "
Daisies Of The Galaxies" avec cette chanson en bonus.
Du coup,
E se sent pousser des ailes et compose "
Souljacker", à peine un an plus tard. Le groupe allant toujours explorant de nouveaux horizons, on a cette fois-ci droit à du rock electrique, à la frontier du stoner.
E se laisse pousser la barbe sans oublier son côté noir, puisque
Souljacker est l'emprunt d'un nom d'un serial killer ayant eu la fâcheuse tendance à poignarder ses victimes. Pour toucher de la guitare electrique, c'est d'ailleurs à
Peter Buck de
REM que l'on fait appel, tandis qu'
Adam Siegel vient remplacer
Tommy walter.
Après un live sorti pratiquement dans l'anonymat le plus complet, c'est au tour de "
Shootenanny!" d'atteindre les bacs en juin 2003. Pour cette occasion, [groupe]Eels[/album] se met à l'ère du temps et laisse l'occasion à ses fans d'écouter chaque semaine un nouveau titre de l'album jusqu'à sa sortie fatidique et tant attendue. Sorte de pot pourri des différents albums de la carrière du groupe,
E met tout en oeuvre pour que ses différentes experimentations y soient réunis, réalisant du coup un album plus varié et sûrement plus accessibles malgrès la mélancolie toujours aussi présente.
A noter que
E a récemment travaillé sur la bande originale du dernier film de
Billy Bob Thornton, "
Levity", avec
Kirsten Dunst (
Virgin Suicide,
Spiderman...),
Morgan Freeman (
Robins des Bois, princes des voleurs,
Seven,
Les Evadés...).