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Death métal
24/11/2003
Wagram
Fabrice Loez, Eric Dochez
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Supuration - Incubation
Supuration
"Incubation"

Si depuis quelques années et l’arrivée de la Team Nowhere sur la scène rock française, celle-ci est plutôt tournée vers une fusion rap/néo-métal ou encore vers de l’émo-pop-punk et compagnie, certains groupe de l’hexagone restent fidèles à leurs racines profondément encrées, pour des groupes comme Supuration, dans un death obscure et torturé.

Nouvel album donc pour le quatuor lillois, "Incubation" dont l’histoire, oh surprise, prend place avant et complète celle de "The Cube". Et oui car Supuration c’est aussi une histoire, une histoire à l’image de la musique du groupe, très sombre puisqu’il s’agit d’une femme enceinte ayant décidé de se donner la mort et de la donner à son enfant. Pour l’occasion, le groupe a repris son nom d’origine qui avait été momentanément (10 ans quand même… modifié en S.U.P.. Retour aux sources ? Pas vraiment, car les bases sont toujours les mêmes, c’est-à-dire une guitare rythmique écrasante de graves implacables, une lead très oldschool avec des solos à reverbe en veux-tu en voilà, une basse… euh… très basse et une batterie à base d’alternance mid-tempo/double-pédale pas contente. Ce qui est étrange c’est que le tout est toujours très lent et carré mais dégage une fureur incroyable.

Alors ce qui a vraiment changé maintenant : la voix gueulée a gagné du terrain sur le chant (on va dire 90% contre 10%, quand même). Les deux sont toujours aussi superbes, avec des effets très subtils, et une justesse de rigueur. Mais le principal changement reste l’accessibilité de l’album. Si les 3 d’avant pouvaient passer pour de la musique expérimentale aux oreilles des néophytes, celui-ci pourra facilement se laisser écouter par quiconque apprécie le death en général. En gros les structures ont été simplifiées au maximum. On évite ici les clichés de philosophie à 2 balles trop souvent atteints par des groupes qui n’ont rien à dire et qui veulent écrire quelque chose. Très proche de l’esprit d’un Gojira (peut-être un nouveau courant dans le rock français ?), il se dégage de l’album une profondeur honnête à travers ce thème universel de la naissance et de la mort. A chaque cri, à chaque corde qui vibre et à chaque fus qui résonne on sent cette vie qui prend forme dans l’esprit et le corps de la mère, personnage principal du récit, comme une infection, une maladie.

Ecouter cet album d’une seule traite est donc une expérience très pesante, mais tout aussi agréable, même si on peut tout à fait passer outre l’histoire et ne prêter attention qu’à la musique. Celle-ci n’a la plupart du temps rien d’extrêmement original, mais elle a ce petit quelque chose qui la rend incroyablement attachante. Une seule écoute de titres comme "Incubation" suffit à les imprimer définitivement sur les tympans, grâce à un refrain d’une efficacité remarquable. D’autres titres comme "Vertigo" ou "Witness to 3x3x3" usent de l’argument de la puissance avec des riffs qui vous martellent les oreilles pour votre plus grand plaisir, simple mais tellement bon. Plus subtil et mélodique, "The Old Mirror" vous entraîne au plus profond d’un esprit névrosé, avis aux amateurs. Alors si un voyage à travers une âme résignée à l’autodestruction interprété à merveille vous intéresse, n’hésitez pas une seule seconde.
A écouter : "Incubation", "Vertigo"
Par Krasterk  
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