Y a des gens comme ça qui bossent toujours dans l'ombre. Y a des gens comme ça qui se sentent du coup rabaissé au statut de faire-valoir et qui veulent suivre leur propre voix.
Melissa Auf Der Maur fait partie de ces gens-là : après avoir touché de la basse chez les
Smashing Pumkins derrière la silhouette et surtout l'ego de
Billy Corgan, après avoir été accaparée par
Courtney Love, la petite
Melissa se lance dans une carrière solo afin de faire ce qu'il lui plaît, avec ses cheveux.
Certes, on ne peut pas réellement parler de véritable carrière solo puisque le casting ressemble à un parterre hollywoodien de la musique :
Josh Homme et
Nick Oliveri des
Queens Of The Stone Age,
Twiggy Ramirez, ex-
Marilyn Manson et actuellement membre de
A Perfect Circle, son ancienne collègue
Samantha Maloney de
Hole et
Screaming Trees, ses potes de
The Chelsea. Bref que du beau monde venu filer un coup de main. Et ce coup de main se ressent très rapidement, les influences stoners des
Queens Of The Stone Age semblent aussi flagrantes qu'un bouton d'acné sur la peau d'un mannequin d'une pub L'Oréal. "
Skin Receiver", sa batterie tournante et surtout, son ambiance
western ne pourront que rappeler les "
Desert Sessions" des
QOTSA, à l'instar de la guitare de "
I Need I Want I Will". Mais la voix de
Melissa Auf Der Maur nous remet les pieds sur terre : il s'agit bel et bien d'un album à part entière où elle met en avant ses talents de songwriter et surtout, de chanteuse.
Car la canadienne se tourne vers une musique plus rock, sans tomber dans l'excitation vocale poussant à baisser d'un ton les enceintes. D'ailleurs, elle ira même jusqu'à pousser le vice à chanter sur du piano dans "
Overpower Thee" : piste touchante et reposante où
Melissa est réellement mise en avant, comme pour se venger de son ancien parcours musical. Mais preuve qu'elle peut taper dans tous les registres, "
Followed The Waves" est plus violente avec une introduction marquée par des cris en fond et des refrains repris en chœur. Et là une seule observation possible : "
Dites donc, elle a de jolies cordes vocales la demoiselle". Malheureusement, un bémol pour "
Followed The Waves" qui devrait titiller mon esprit chauvin puisqu'il s'agit de la seule chanson à texte français, mais qui a tendance à rappeler de trop mauvais souvenirs (
Indochine ne vous dit rien ?). Et là c'est le choc, les paroles deviennent alors largement explicites et surtout phalliques... Heureusement, on fait vite abstraction de ce genre de détails, d'autant plus qu'elle est sûrement majeure et vaccinée.
En bref,
Melissa Auf Der Maur nous prouve qu'elle a pleins d'amis et qu'elle ne leur est pas dépendante. La canadienne vole désormais de ses propres ailes et nous offre un premier album rock aux (fausses) allures de
QOTSA, plutôt réussi pour passer en boucle dans sa chaîne hi-fi, son minidisc, son lecteur mp3, son lecteur autoradio...