Velvet Revolver, je vous en parle depuis des mois dans les news, mais savez vous au moins qui joue dans ce groupe ? Et bien pour faire court, on retrouve tout simplement
Slash (vous savez, le guitar hero chevelu qui fume comme un sapeur) et ses anciens potes des
Guns N' Roses ! En effet, tous les anciens
Guns sont là, à l’exception de
Axl Rose et
Izzy, et en ce qui concerne le chant, c’est
Scott Weiland (ex-
Stone Temple Pilots) qui assure au micro. Enregistré entre 2 cures de désintoxication de
Scott, "
Contraband" est un véritable événement sur la scène rock : nombreux sont en effet ceux qui se demandent si les anciens meilleurs rockers du monde sont encore capables de dominer les débats et de séduire un public qui ne les a pas entendus depuis 11 ans.
L’album démarre par un hurlement de sirène, comme sur "
Supercharger" ou "
Vol. 3 : The Subliminal Verses". S’en suit un morceau rock, joué très vite,
Scott Weiland délivrant un flow de paroles très haché. "
Do It For The Kids" impressionne par sa rythmique limite funky et son solo simpliste mais accrocheur. Quant au refrain de
Scott, il constitue l’un des meilleurs moments du disque et restera immédiatement ancré dans vos tympans jaunis par le miel... Sur "
Illegal I Song",
Scott Weiland parvient à sonner exactement comme
Perry Farrell (
Jane's Addiction), et après un pont des plus groovy où
Slash fait dans le minimaliste, le morceau redémarre sous les coups de buttoir destructurés de
Matt Sorum. Enorme.
"
Spectacle", qui démarre tel un "
Heartbreaker" de
Led Zeppelin, marque les esprits par son refrain fédérateur, ses changements de rythme de la guitare, et surtout son solo d’une rapidité absolue. Sur "
Superhuman",
Scott change encore de registre, pour cette fois-ci réaliser quelques envolées dans les aigus. On retrouve quelques sonorités bluesy du
Metallica de la période "
Load" sur ce titre au riff particulièrement entêtant (on dirait du
Joe Satriani). Quant aux deux singles déjà sortis ("
Set Me Free" et "
Slither"), ce sont 2 belles réussites, tant ils regorgent de bons riffs bien pêchus et de soli dynamiques.
Globalement, l’album est assez homogène, mais on ne s’ennuie pas une seconde. En effet, si les premiers titres sont de (très) bons morceaux de rock comme on les attendait de la part de
Velvet Revolver, c’est la seconde moitié de l’album qui lui donne son âme : les compositions y regorgent d’inventivité, et le groupe se lâche enfin en explorant des contrées jusque-là inédites pour les anciens
Guns. On ne pourra en effet qu’être subjugué par la touche hawaïenne de "
Loving The Alien", le rock "
datsunien" de "
Dirty Little Thing" ou la merveilleuse ambiance de "
You Got No Right". Ce morceau, parlons-en, est tout bonnement LA tuerie du skeud, un titre qui démarre en acoustique avant de s’envoler sur un solo expressif comme seul
Slash sait les trouver (dans la lignée de "
November Rain"). La perf de
Scott est également assez dingue, puisque ce dernier maîtrise le susurrement comme peu de chanteurs. Les chœurs à la
Beatles présents en milieu de morceau apportent en outre un caractère très épique à ce titre pas comme les autres.
Techniquement,
Scott fait un énorme boulot sur ce disque, en variant son style et sa voix sur la plupart des chansons. Je savais que ce gars était talentueux (j’adorais ses apparitions sur les albums de
Limp Bizkit notamment), mais là, il m’a bluffé comme c’est pas permis : on a régulièrement l’impression de changer de chanteur d’un morceau à l’autre, c’est vous dire s’il a réalisé une sacrée performance de style. Mais surtout, quel bonheur de ré-entendre
Slash jouer à son meilleur niveau, dans un groupe qui est (enfin) à la hauteur de son énorme talent… Outre quelques belles rythmiques ("
Dirty Little Thing", "
Do It For The Kids", "
Slither"), le métisse chevelu délivre des soli de pur génie qui raviront les fans les plus nostalgiques des
Guns ("
Slither", "
You Got No Right", "
Dirty Little Thing"). Certains titres sonnent également comme du
Guns N' Roses pur jus : "
Fall To Pieces" possède ainsi tout de la petite ballade tubesque (intro électro-acoustique + solo mid tempo suraigu),
Scott Weiland se permettant même de sonner comme le
Axl Rose à la voix cassée. La mélodie finale de "
Loving The Alien" est également une petite merveille, dans une tonalité aiguë rappelant fortement "
Sweet Child o'Mine". Ca serait un futur single que ça m’étonnerait pas…
Velvet Revolver efface donc sans peine les 11 années d’absence des
Guns N' Roses. "
Contraband" est une réussite, 11 des 13 morceaux étant des tubes incontestables (seuls "
Big Machine" et "
Headspace" déçoivent un tant soit peu). En une heure, les 5 larrons nous proposent du rock comme on n’en a pas fait depuis longtemps… De la belle musique, inspirée, intemporelle, bref, du Rock avec un grand R. Qui plus est, le groupe a réussi à se débarrasser de l’image beauf des
Guns, ce qui n’était pas gagné d’avance... Avec sa musique moderne, intègre et puissante, ce nouveau super groupe devrait pouvoir attirer un public plus jeune, pas forcément fan des
Guns N' Roses. On leur souhaite d’obtenir le même succès qu’
Audioslave.