L’originalité paie bien la plupart du temps, en musique en tout cas. Mais lorsque l’on cherche ces originaux sur la scène métalleuse française, on se rend vite compte qu’ils ne sont pas si nombreux que ça. Il y en a bien certains qui tentent quelques mélanges de styles plus ou moins approximatifs, mais les vrais inclassables se comptent presque sur les doigts d’une main. Alors on pense à des groupes tels que
Psykup,
Defdump ou encore
Kerplunk, mais la liste est courte. Et bien je suis heureux d’annoncer qu’un petit nouveau tente une percée dans ce cercle très fermé des groupes auxquels on ne colle que difficilement une étiquette :
Aquilon. Ces 6 jeunes musiciens, tous issus de précédentes formations diverses et variées, nous présentent donc leur premier album,
Intramedia. Alors qu’en est-il plus précisément en ce qui concerne leur musique ?
Il faut dire que tout n’avait pas si bien commencé : lorsqu’on se lance pour la première fois à l’écoute de cet album, la première impression est plutôt mitigée. En effet, le titre d’ouverture “
Articuler Les Chapitres”, donne vraiment l’impression que l’on a affaire à un clone d’
Aqme teinté de l’insipidité d’un
Staind tant ce titre sonne comme du réchauffé. Attention à ne pas juger trop vite ! Car rarement on aura assisté à un tel revirement de style dans un même album, puisque après ce titre qui décidément est de trop, c’est que du bonheur.
Ce qu’on peut dire en tout cas, c’est que la musique d’
Aquilon est complexe : les compositions partent dans tous les sens et pourtant se retiennent vite. Après quelques écoutes de titres comme “
Les Ombres De Quatre Murs”, on peut déjà se surprendre à fredonner son refrain si accrocheur. Pour caractériser plus précisément cette musique, le groupe duquel elle se rapproche le plus est sans aucun doute
Mushroomhead (mais si, rappelez-vous, ceux qui prétendaient, s’être fait voler l’idée des masques par
Slipknot). Et entre ces 2 formations les points communs ne manquent pas : des claviers omniprésents, donnant ce ton aérien aux refrains et allégeant de manière agréable les longs mitraillages de double-pédale, plusieurs voix, une claire et une cassée, et surtout cette ambiance très sombre qui plane sur chacun des titres à travers des samples discrets mais efficaces. Pour revenir sur les voix, le chant clair est ici assuré par
Anne Greco, voix féminine donc, qui complète bien la voix de
Alexandre Soles, qui lui se la joue death oldschool traditionnel. Les regrettés
Five Pointe O ne sont pas loin non plus dans des titres comme “
My Madness” dont les claviers rappellent beaucoup ceux de “
The Infinity” et le phrasé celui de “
Purity 01”. Enfin, des petites touches jazzy sont également décelables dans des intros slappées à la basse, ce qui rajoute cette petite touche de groove qui manque à certains titres.
Petit point encore sur les lyrics, majoritairement en français, qui sont pleines de poésie. C’est facile à dire mais c’est tellement rare dans ce style aux inspiration tout de même très black. Bon, il faut avouer que le dernier titre “
As I Was A Child” fait un peu mielleux avec sa guitare acoustique et la chanteuse qui se la joue
Céline Dion, mais bon, on peut leur pardonner vu tout le reste. Le flow guttural donne plutôt bien en français, particulièrement lorsqu’il est haché comme sur le titre qui les avait révélés lors de la sortie de leur premier MCD (et c’est pas pour rien), “
Les Ombres De Quatre Murs” et qui reste le point culminant de ce premier album également.
Aquilon plaira donc à beaucoup pour peu qu’on ose s’investir un peu plus dans l’écoute. Car oui, cet album n’est peut-être pas évident à assimiler au premier abord et la complexité de certaines compos en rebutera sûrement quelques-uns (c’est produit par des membres de
Gojira, donc c’est déjà plus compréhensible…). Pour les autres, autant ceux qui apprécient le death, que le symphonique ou encore même le néo (“
Témoins De L’aube”, qu’on pourrait attribuer facilement à
Evanesence, plaira à ces derniers), ce
Intramedia sera une bonne surprise.