Groupe à part dans la scène punk-rock californienne,
Guttermouth risque encore de le rester un bout de temps; car ce n'est pas avec un album comme "
Eat Your Face" que la donne risque de changer.
Malgré un
artwork en noir et blanc assez
cheap, la prod du disque reste correcte. Et si dans son ensemble, "
Eat Your Face" n'est ni mauvais ni très bon, cela commence à devenir une habitude chez
Guttermouth de pondre des disques qui ne casseront jamais trois pattes à un canard d'un point de vue musical. Si les compos sont toutes rentre-dedans ("
My Neighbor's Baby" sort particulièrement du lot) et les mélodies assez efficaces, et si les morceaux n'ont pas la facheuse tendance à tous se ressembler, grâce notamment aux talents d'imitateur et aux singeries de
Mark Adkins, on reste tout de même déçu qu'un groupe tel que
Guttermouth, avec l'expérience qu'on leur connaît - 1er LP "
Full Lenght" sorti en 1994 -, ne soit pas au final aussi inspiré que dernièrement
NOFX avec "
War On Errorism".
Mais voilà, nos quatre lascars m'enverraient probablement me faire foutre (au sens premier du terme...) comme d'ailleurs un peu tout le monde: "
The Next Faux Mohican" se moque des pseudos
pop-punks, des
emokids ("
That guys jeans are low and tight... with his trucker hat askew he's so wack (whatever that means"),
John Kerry et le système bi-partis des élections présidentielles américaines dans "
Party Of Two", les pseudo-surfeurs, la N.R.A., les québecois... Et quand le groupe ne se fout pas de la gueule du monde, il écrit une jolie ballade punk que l'on pourrait qualifier d'
anti-emo : "
Hot Dog To The Head" où l'on vous donne en mille ce que le groupe compare au
hot-dog...
Sérieusement,
Guttermouth sait ce qu'il veut et le fait savoir au premier degré, c'est tout à leur honneur. Eux qui se sont fait cette année poliment virer du
Van's Warped Tour pour divergences d'opinions politiques, sont peut-être aujourd'hui l'un des, si ce n'est
le seul groupe américain au statut international à pouvoir encore se revendiquer Punk, avec tous les bons côtés et les mauvais côtés que cela comporte. Et ça, c'est déjà un très bon point.