Penser, à l’écoute de "
Ghosts Of London", que les
Underground Railroad viennent de New York ou de Seattle n’aurait absolument rien de choquant. Et si le groupe est juste originaire de la région parisienne, c’est bien dans ces deux capitales artistiques américaines qu’il semble y piocher ses influences.
Et le trio place en effet la barre très haut dès son premier EP tant il nous évoque la crème de cette scène dite "
Noisy-Punk". Avec ce mélange de chants et de cris masculins et féminins (ça fait du bien d’entendre une fille hurler dans un groupe français), on songe irrémédiablement à
Sonic Youth et aux
Pixies. Intuition confirmée quand le trio lâche toute sa hargne : on a bel et bien ici affaire à trois musiciens vraiment doués, capables de nous pondre des compos énervées aussi abouties et enivrantes qu’une cuite le soir des résultats du Bac.
On ose même, c’est dire, mentionner
Nirvana,
Underground Railroad partageant la même veine punk enragé que la bande à
Cobain période "
Bleach" : le
break de "
Cotton Candy" où
Eugène semble être possédé par
Cobain et le jeu de batterie surpuissant de
Enigmo à la
Dave Grohl ("
Broken Road").
Si les influences sont donc palpables, la qualité de l’EP n’en reste pas moins admirable. Et si "
Ghosts Of London" date de début 2004 et que le groupe semble désormais vouloir plus s’approcher d’un son façon
Liars (le 5ème titre), cet EP est toujours disponible. N’hésitez donc surtout pas à vous le procurer si vous le voyez traîner sur une table de
merch lors d’un concert. A ce propos, le groupe est une véritable tuerie sur scène. Immanquable.