Ektomorf a longtemps fait figure de simple clone de
Soulfly avec son métal tribal venu de Hongrie. Zoltan Farkas possède en effet le même timbre de voix que
Max Cavalera et s'amuse à pondre des textes aussi simplistes et efficaces que son aîné brésilien. Pourtant,
Ektomorf n'est pas dénué d'intérêt, loin de là, et le groupe commence peu à peu à percer sur la scène européenne, aidé notamment par sa signature chez Nuclear Blast…
"
Instinct", leur sixième album, ne déstabilisera pas ceux qui appréciaient déjà
Ektomorf, et à priori, on pourrait dire que tous les adeptes de
Soulfly adoreront ce disque : aussi bien au niveau que de la production, tout est fait pour ressembler à
Max Cavalera, si bien qu'on croirait parfois entendre un
tribute band… Mais pourtant,
Ektomorf a légèrement changé son style, et
Soulfly ne constitue plus la seule et unique influence de ce groupe hongrois. Depuis la sortie du très décevant "
Destroy", il semblerait en effet que
Zoltan Farkas se soit mis à écouter du
Machine Head en boucle… Des traces de "
The Burning Red" et de "
Supercharger" sont largement perceptibles ça et là sur ce disque : l'intro de batterie de "
United Nations" est ainsi copiée collée sur celle de "
Exhale The Vile", alors que de nombreux effets de guitare rappellent le son d'
Ahrue Luster période "
Supercharger"... Un riff par ci, un plan de batterie par là, ça sent certes le déjà-vu, mais ça reste très cohésif et rudement agréable à écouter.
Tout comme
Soulfly,
Ektomorf est adepte des expérimentations : en plus de quelques délires typiquement hongrois, on retrouve de nombreux plans de guitare acoustique tout droit sortis de la fabuleuse bande originale de
Gladiator ("
Burn", "
Land of Pain"). Certains titres très directs tels que "
Show Me Your Fist" ou "
Set Me Free" n'ont de leur côté absolument rien à envier aux "
Eye For An Eye", "
Back To The Primitive" et autres "
Downstroy" : les refrains sont au moins aussi accrocheurs, et la hargne de
Zoltan se ressent dans chacune de ses phrases. Le côté plus lourd entrevu sur "
Prophecy" est également présent ici ("
Set Me Free", "
The Holy Noise"), mais l'album tient globalement plus la route que le dernier
Soulfly, peut-être grâce à son homogénéité et à ses riffs plus catchy.
"
Rien ne se crée, tout se transforme", voilà quel pourrait être le credo d'
Ektomorf. "
Instinct" ne révolutionne en rien le tribal métal, mais il le transcende. Avec une musique reprenant tous les aspects les plus hardcore de
Soulfly,
Ektomorf a de quoi satisfaire un large public. "
Instinct" est en tout cas un disque extrêmement efficace, ni trop court, ni trop long, et que l'on écoutera toujours avec un plaisir non dissimulé.