Quatre ans après "
Riot... Process Engaged", les starsbourgeois de
S-Core reviennent avec "
Gust of Rage", et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne se sont pas calmés. Et qu'ils ont mis le paquet sur les moyens : production de très bonne facture (album enregistré à Budapest, chez
Zoltan Varga), et digipack sublime, avec la reprise du thème de l'homme enchaîné du premier album. Et les compositions, ça donne quoi ?
Les metalheads qui avaient adoré "
Riot... Process Engaged" ne seront pas déçus : du power metal sans concessions, avec vociférations omniprésentes, riffs plus lourds que la choucroute alsacienne, double-pédale assassine... Voilà le programme du second effort de
S-Core. Dès les premières mesures de "
Greaser One", le ton est donné. On n'arrive pas à tenir ses cervicales, et on casse le plancher à force de taper du pied. Et c'est le même schéma sur la majeure partie du disque. Malgré les trois interludes qui opèrent des pauses bienvenues dans cette avalanche de décibels ("
It takes...", "
...a Whole Life...", "
...To Become a Man"), la recette appliquée à l'ouverture de cet album est transposable sur pas mal de morceaux, ce qui lasse l'auditeur après quelques écoutes. Cependant, le groupe s'essaie à quelques sonorités metalcore ("
Misanthropic and Mean") sans tomber dans les clichés du genre, on a même droit à une minute trente de thrash sur l'avant-dernière piste, "
Worst of All", au tempo endiablé. Les fans des hongrois
Superbutt seront frustrés de ne pas entendre le groove de la voix d'
Andreas Voros, invité sur "
Pangenesis", qui se contente d'appuyer les cris de
Ket (chant) et de débiter des paroles à la manière d'un commentateur sportif. Dans le même domaine, le chanteur d'
Isten Bath Mogott (autre groupe hongrois) s'en sort beaucoup mieux avec ses envolées au chant clair sur l'excellent "
Buried", tandis que
Zed, chanteur d'
Housebound, se fait discret sur le titre éponyme. C'en est fini du côté des invités !
Ce "
Gust of Rage" ne transpire pas la variété musicale, c'est certain. Mais les riffs sont d'une efficacité folle, et même si beaucoup de morceaux se ressemblent, ils réjouiront à coup sûr les plus enragés d'entre nous. Et c'est déjà pas mal.
Pour le prochain opus, on est en droit d'attendre plus d'expérimentations dans les compositions de
S-Core. Mais avant ça, il y a l'étape "scène", où l'explosion des notes de guitares en laissera plus d'un sur le carreau. Encore un agréable disque de metal français, à la production soignée... Le label
Dirty8 a de quoi bomber le torse.
Ca serait effectivement souhaitable qu'ils se lancent dans des plans un peu plus originaux et audacieux pour le prochain... allez, les gars!! On tombe les complexes, y a moyen de faire un truc qui arrache sur toute la ligne!!!
Le métal français sait montrer qu'il a des couilles, alors faut y aller!!!
D'ailleurs, j'ai lu sur Blabbermouth qui parlait de Klone en les rapprochant de Gojira et qui les classaient dans "The New Wave Of French Extreme Metal"...!!! on ne parlera plus de la french touch que pour la techno ou l'electro... et pour le gros chevelu/poilu que je suis, sans être nationaliste ou chauvin, ben c'est con mais ça fait quand même plaisir!