Il y a des jours comme ça.
Des jours où on ouvre la boite aux lettres et on y trouve trois albums (trop dure la vie d’un membre de la team, non ?). Le premier est
Protest The Hero. Une écoute plus tard et on se dit que
Marku en parlera mieux (ce qu’il a fait). L’autre est un album solo d’un membre des affreux
Alexisonfire. Surprise, l’album est hautement recommandable (voir la chronique de
City and Colour). Et il y en a un troisième. Le nom du groupe n’inspire guère.
Murder By Death. Des morts, du meurtre, lorsqu’on a encore la pochette du
Protest The Hero sous les yeux et
Alexisonfire en ligne de mire, on se dit que le facteur n’a pas été très clément.
Quand soudain, un sourcil se lève.
Murder by Death. Ce nom n’est pas inconnu au bataillon. En fait c’est plutôt marrant ce nom… Soudain, euréka !
Murder by Death est le titre anglais du film
Un Cadavre au Dessert, sûrement l’un des films les plus drôles ayant jamais foulé la surface de cette planète.
C’est donc revigoré qu’on se lance dans l’écoute.
Et c’est… plutôt pas mal. De l’alternative-country comme ils disent aux USA. Avec des violons oui mais aussi et surtout de la guitare et une voix sévèrement burnée. Pensez
Johnny Cash. Pensez
Nick Cave. Pensez
Absentee. Mais aussi, pensez
Eddie Vedder, et ce n’est pas à lire comme un compliment car l’organe d’
Adam Turla a une fâcheuse tendance à partir dans un lyrisme souvent pénible façon
Pearl Jam.
C’est l’un des deux principaux défauts de
Red of Tooth and Claw (qui tire son nom d’un vers d’un célèbre poème d’
Alfred Tennyson).
L’autre étant sa petite forme mélodique.
Exemple simple et parlant : la cinquième plage est un instrumental intitulé «
Theme (for Ennio Morricone) ». Fort bien mais
Muder by Death ne semble avoir retenu de
Morricone que le cliché cow-boy. Pas l’évidence mélodique.
Cela dit, un titre comme «
Comin’ home » qui ouvre l’album est assez rageur dans son interprétation pour convaincre. «
Rumbrave » sonne assez chaotique pour donner envie d’y fouiner régulièrement et «
Fuego ! » se montre plus classe que la voiture du même nom.
Murder by Death se montre touchant à l’occasion sans verser dans la balade facile («
A second opinion ») et si un souffle un épique se fait sentir sur le disque, la grandiloquence pénible ne l’emporte jamais réellement.
Dans ses meilleurs moments, «
The Black Spot » (qui malgré un lyrisme forcé arrive à plus qu’intriguer) ou «
Ash », on entend un groupe qui joue serré et bizarre, capable de conter une histoire avec le seul son de ses instruments.
Red of Tooth and Claw est disque assez difficile, parfois fascinant mais qui n’arrive jamais à emporter une adhésion totale.
Voyage intéressant, cela dit…