Les
Streetlight Manifesto sont enfin de retour, 4 ans après leur premier album "
Everything goes numb". Une longue attente, d’autant plus insoutenable que le premier effort du combo du New Jersey fut une réussite, renouvelant agréablement un genre moribond. En effet, depuis la défection des
Suicide Machines, et la faiblesse des dernières production de
Less Than Jake,
Reel Big Fish,
Catch 22 et consorts, on avait pas grand-chose de sympathique à se mettre sous la dent, mis à part le "
Keep it going" des
Mad Caddies.
Alors, tuons le suspense dans l’œuf, ce "
Somewhere in Between" est sans aucun doute possible la meilleure galette de ska-punk qui me soit passé dans les oreilles depuis un sacré bout de temps. Bizarrement, j’attendais cet album avec impatience, mais en même temps avec une certaine appréhension : "
Everything goes numb" fut une telle claque pour moi que je voyais mal les 7 américains rééditer cet exploit… ma crainte se dissipa dès la première écoute.
Streetlight Manifesto, c’est une orgie musicale. Les titres sont particulièrement longs pour du ska-punk (souvent plus de 5 minutes), originaux, variés, alternant très naturellement les passages calmes et les breaks punk high-energy. Comme l’affirme le leader
Tomas Kalnoky dans l’
interview qu’il a donné au webzine tout rouge, les influences sont très diverses, ce qui donne des couleurs particulières à cet album. Ainsi, on retrouvera des influences latines ("
Would you be impressed"), tsiganes ("
We will fall together"), jazz (la chanson-titre "
Somewhere in the between") tout au long du disque, ce qui, étant allié aux nombreux changements de rythme, évite de sombrer dans la monotonie. Au contraire, on est porté dans chaque chanson par l’inventivité du combo.
Malgré la profusion de styles musicaux différents et de changements de tempos,
Streetlight Manifesto n’est pas un groupe barré à la
Mr. Bungle, loin s’en faut. Le ska et le punk-rock sont les éléments principaux dans les compositions du groupe. Les 4 (!!!) cuivres rivalisent de virtuosité, alternant passages à l’unisson et soli. Leur intégration dans la musique de
Streetlight Manifesto est excellente, ils ne se contentent pas de souligner les mélodies imprimées par la guitare. Non seulement ils participent pleinement à la partie mélodique en donnant cette touche si musicalement métissée à l’ensemble, mais ils ajoutent également un énorme dynamisme aux titres, les musiciens n’hésitant pas non plus à pousser des gueulantes sur les chœurs, omniprésents sur ce disque.
Point important, qui distingue grandement les 7 musiciens du New Jersey de ses homologues : la profondeur de leurs morceaux. Leur musique est enjouée, énergique, rapide, mais on n’est pas dans le même registre que
Reel Big Fish. Les thèmes abordés par
Tomas Kalnoky, et certaines phrases musicales ne prêtent pas forcement à faire la fête, sans aucunement plomber l’ambiance. Non, vraiment, ce groupe est vraiment très agréable à l’écoute.
Allez, n’en jetez plus, stop au panégyrique. Les
Streetlight Manifesto ont signé un excellent album. Certes, l’effet de surprise du 1er album est passé, mais le groupe n’a eu aucun mal à se renouveler, se montrant encore plus ambitieux que sur leur premier album. Et, à titre personnel, quand je vois ce qu’est devenu
Catch 22 (l’ancien groupe de
Tomas Kalnoky), je me dis que ce "
Somewhere in the between" est une aubaine.