Donner une suite au superbe
Abatoir Blues/The Lyre of Orpheus ne semblait pas chose aisée.
Nick Cave lui-même semblait tergiverser en s’adonnant le temps d’un album au projet
Grinderman.
Aujourd’hui sort
Dig, Lazarus, Dig!!! et, trêve de suspense vous avez vu la note, c’est un excellent album. Qui se résume ainsi : sexe, bible et rock’n’roll.
Au delà des évidentes références bibliques dans les paroles, ce nouvel album peut être écouté comme un hommage au prophète rock
Iggy Pop. En effet, un titre comme «
Moonland » est vicieux et rampant à la manière du «
Dirt » des
Stooges, un titre évidemment sexué. De même, le « real cool time » du refrain de «
Today’s lesson » éveille quelques souvenirs de Detroit…
Le rock est donc à l’honneur à plusieurs reprises, sur la chanson-titre, sur «
Albert goes west » ou l’excellent «
We call upon the author ». Dans la première moitié du disque,
Dig Lazarus Dig !!! peut dérouter quelque peu, sur les titres plus atmosphériques («
Night of the lotus eaters », quelconque) ou plus faibles («
Albert goes west »). Mais lors de sa deuxième partie,
Nick Cave sort des
murders balades dont il a le secret. «
Lie down here (and be my girl) » évoque encore une fois l’iguane lorsqu’il s’acoquinait avec le Thin White Duke, une pop intelligente et touchante, et les trois derniers titres rappellent que l’australien possède un songwriting supérieur qui déchire les cœurs comme rarement.
Cave y chante incroyablement bien et il est difficile de réprimer quelques frissons.
On ne va pas s’attarder plus longtemps, cet album est tout simplement excellent,
Nick Cave y est aussi convaincant dans ses invectives rock que dans ses moments plus tourmentés. Accessible, intelligent, touchant, divertissant
Dig, Lazarus, Dig !!! est tout simplement un très beau disque.