Anecdotique de prime abord, vous serez certainement amusés d’apprendre que la formation des
Operator Please rmonte à un concours un peu particulier puisque le premier prix était constitué de donuts, qu'à cela ne tienne, le groupe n'en décroche pas moins la première place ! Mais loin d'avoir fini de nous surprendre, sachez que l’Australie, dont ils sont originaires, nous envoie une fois encore une formation pop/rock de jeunes prodiges âgés entre 16 et 19 ans ! Et si on attendra de voir sur la longueur s’ils iront aussi loin que leurs aînés de
Silverchair, on se contentera dans un premier temps d’apprécier ce premier skeud efficace et sans complexe qui risque bien de faire parler de lui.
Ne vous méprenez pas cependant car si j’évoquais précédemment les
Silverchair, c’était juste pour l’âge, puisque souvenez-vous, à l’époque de "
Frogstomp" (1995) le trio grungeos n’était âgé que de 15 ans. Il n’est nullement question de rapprocher les deux formations en termes stylistiques, les
Operator Please donnant plutôt dans la pop énergique et rondement menée, le talent n’attendant décidément pas le nombre des années. Et pour tout vous dire, si je devais rapprocher la formation australienne à une autre, j’irai plutôt voir du côté des
Arctic Monkeys, autre formation juvénile s’il en est, ce qui est peu étonnant après renseignements puisque ce n'est autre que le producteur
Simon Barnicott (
Arctic Monkeys,
Kaiser Chiefs) qui est ici aux commandes. Je vous défie donc de ne pas accrocher aux titres qui composent ce "
Yes Yes Vindictive" qui rappellera à certains l'énergique album "
Favourite Worst Nightmare"... Le titre d’ouverture ("
Zero Zero") annonçant vite la couleur de ce côté-là, titre arrogant comme pas permis quand on pense à l’âge de ces musiciens.
Il faut aussi dire que le travail de mixage laisse de la place à tout le monde : le chant survolté et le jeu de guitare impeccable d’
Amanda Wilkinson se mêlant parfaitement aux sonorités excentriques du clavier de
Sarah Gardiner et au violon de
Taylor Henderson, la basse d’
Ashley McConnell n’étant franchement pas en reste ("
Get What You Want"), pas plus que les percus du jeune
Timmy Commandeur dont le jeu est d’une bluffante maîtrise. On passe donc d’un titre catchy à un autre, le début de l’album ne laissant pas le temps à l’auditeur de souffler car même leur single "
Just a Song About Ping Pong", au titre bénin, cache une réelle force de détermination, aussi bien au niveau instrumental que vocal puisque
Amanda y révèle toute ses capacités de chanteuse avec un débit des plus incroyables. C’est donc pied au plancher que les kids nous mènent sur la majeure partie des titres comme l’électrisé "
Cringe", "
Terminal Disease" et sa rythmique hyper carrée (quand le titre ne flirte pas avec la 4e dimension) ou encore les énormissimes "
Yes Yes Vindictive" et "
Ghost" à base de chœurs, de violon et de clavier, véritables concentrés de ce qui se fait de mieux chez les Australiens.
D’ailleurs, si le violon et le clavier ont plutôt tendance à faire peur dans un groupe de pop-rock, ici, on peut dire que cela contribue énormément à la personnalité musicale des
Operator Please, le violon étant loin du rôle habituel attribué, puisque toujours inscrit dans la dynamique des titres, le clavier donnant lui bien souvent cette touche rétro (mais jamais décalée) aux compos. Un régal !
Et si l’ensemble tient plutôt de l’efficace powerpop-rock, le groupe se permet quelques sucreries plus simplement pop qui me paraissent être les deux seuls faiblesses de cet album ("
Two For My Seconds" et l’acoustique "
Other Song") et qui ne feront que contraster plus encore avec "
Pantomime", titre de fin d’album véritablement à part puisque marqué par une ambiance plus grave, plus travaillée encore pour un résultat qui ne sombre jamais dans la facilité et prouve une fois de plus toute la maturité d’une formation décidément prometteuse !
Vous l’aurez compris, ces
Operator Please sont mon gros coup de cœur de ce début d’année ! "
Yes Yes Vindictive" étant un régal qui se savoure sans prise de tête et qui risque de vous filer une sacrée patate à chaque écoute. Hautement recommandable !
Je l'attendais depuis longtemps cette chronique et oui, cet album est excellent !