On avait quitté
Jym sur un premier EP fort prometteur et varié. Le groupe montrait un gros savoir-faire ainsi que de nombreuses pistes potentiellement explorables : pop, funk, metal…
Dès les premières notes de
A Fool’s chance,
Jym fout sur les fesses. Ils ont choisi. Ils ont tout pris. C’est pop dans les mélodies, c’est funk dans la rythmique et c‘est metal dans les guitares. Tout ça en même temps.
On a presque du mal à reconnaître le groupe. «
The tenth avatar » est un titre complètement jouissif, assez incroyable en fait, rentre dedans, méchant, accrocheur
Jym fonce tête baissée comme si sa vie en dépendait. Rythmique survoltée, débit et voix mitraillettes, guitares qui hurlent, un titre résolument rock. Et surtout l’une des chansons les plus jubilatoires du moment qui ne trompe pas : ce groupe se doit de casser la baraque. Et pas qu’en France. Cette chanson est une affirmation puissante de leur personnalité, ces cinq mecs là se sont trouvés et ils le montrent.
«
Siamese sisters » continue sur une lancée assez similaire, punchy même si la structure se veut plus complexe, plus mystérieuse.
Jym frappe fort encore une fois par son sens du détail, l’écoute au casque est aussi jouissive qu’à fond en voiture car elle permet de découvrir des trésors de détails…
«
A fool’s chance » et “
Playing god” sont plus nuancées et calmes sans jamais perdre l’énergie, on a le sentiment que
Jym n’hésite pas une seconde, que le groupe joue son va-tout à chaque instant.
«
Fire and tiger » a du
Kinks dans son refrain et du
Jimmy Page dans son solo, parfaite synthèse du EP pour conclure avant une version acoustique de «
The tenth avatar ». Une version gueule de bois, qui se tient aussi bien que son pendant rock. Presqu'une tout autre chanson.
Après un premier EP prometteur,
Jym confirme sans mal tout le bien qu’on pense d’eux avec
A fool’s chance. Le groupe développe un rock furieux et mélodique, comme on en entend assez peu dans notre patrie. On sent autant un travail sur l’ambiance comme chez
Radiohead qu’une vraie volonté de jouer, à fond, potard à 11. Encore une fois, si l’on sent des influences nettes,
Led Zeppelin pour n’en citer qu’une, le groupe affine et affirme son propre son.
Le EP sonne comme le meilleur de
Guns’n’Roses : vicieux comme sur
Appetite for destruction lorsque
Jym est rock, mélodieux comme sur les
Use your illusions, mais dépourvu du trop plein de grandiloquence et de la mièvrerie sur les titres plus calmes. On se surprend à se dire que si jamais
Axl Rose entend ce EP, jamais il n’osera sortir son
Chinese Democracy… D'ailleurs, qui en aurait besoin maintenant qu’on a
Jym ?