Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont anglais, ils sont rock, ils disent du mal de tout le monde ou presque, ils sont deux, ils sont mixtes, ils se partagent le chant,
Blood Red Shoes a tout bon d’entrée de jeu. Restait ce menu détail : la musique du duo serait-elle à la hauteur de l’attente ?
Dès les premières notes du riff presque stoner de «
Doesn’t matter much » et surtout sur la puissance du refrain bébête et jouissif (
yeah ! yeah ! No, no, no), un seul choix: air guitar ou headbanging. Ce
Box of Secrets ne contient certes pas de quoi révolutionner la musique -en même temps, qui peut se vanter de cela ?- mais en a assez dans le ventre pour qu’on y retourne régulièrement. Un crédo tout simple : des refrains grungy, du riff garage et de l’énergie, voire de la rage. Rien d’autre. Un flot non pas d’émotions puissantes mais de riffs mastodontes. On pense à du
Sons and Daughters des deux premiers albums lorsque mademoiselle est aux commandes («
You bring me down »), certains riffs semblent peints de rayures blanches jusqu’au plagiat («
Try harder ») mais c’est aux
Subways qu’on pense souvent durant ce disque. En effet comme chez ses derniers, si le tout manque de chansons dignes de ce nom (disons le clairement, la composition n’est pas leur point fort) il y a une énergie qui emporte tout sur son passage qui a la bonne idée de durer tout au long disque. Pas de balade facile, contrairement aux
Subways, et même les singles plus ronds gardent des angles dans lesquels on se crève l’œil. Bébête et méchant. Un sale gosse que les snobs adoreront mépriser.
Des défauts ? D’une certaine manière il n’y a que ça. Du
White Stripes certes plus sexy mais beaucoup moins érudits et talentueux. On n’entend pas l’ombre d’un pont valable tout au long des onze titres, on n’ose à peine évoquer le mot mélodie, c’est bruyant, braillard, tous les riffs, donc tous les titres, se ressemblent irrémédiablement, on aimerait plus entendre la petite
Laura-Mary, c’est épuisant, jamais subtil. Pourtant
Box of Secrets séduit sans trop de peine, c’est méchant, teigneux, comme la fille un peu vulgos qu’on ne peut s’empêcher de trouver craquante, la
dirty girl de la chanson de
Eels (version pour les filles : le joueur de foot débile qui est si touchant lorsqu’il avoue ce qu’il a dans son petit cœur). Un caprice, une bêtise.
Court, précis et concis,
Blood Red Shoes cache ses défauts intrinsèques sous une couche de personnalité qui fait illusion le temps de
Box Of Secrets mais qui ne durera certainement pas au delà. En attendant, voici un superbe coup d’un soir qui ne laissera aucun regret.
Un sale gosse que les snobs adoreront mépriser.
Après les bobos, les snobs... tu as un problème avec la france d'en haut c'est ça? Tu n'es qu'une saloperie de bolchevik en fait...