Pour une fois,
Visual n’est pas précurseur. Un peu loupé à sa sortie, d’autres chats à fouetter, d’autres disques à descendre.
Oups.
Sans être un chef d’œuvre intergalactique, encore que, "
Oracular Spectacular" est un énorme disque qui malheureusement semble assez compliqué à définir. Electro-pop ? Oui mais non. Adolescent ? Oui mais pas que. On fait simple : un disque avec une dizaine de chansons dont la plupart sont extraordinaires. De vraies grandes chansons. De la balade "
The Youth", qui peut rappeler "
The Sophtware Slump" des barbus
Grandaddy (groupe qu'aurait écouté
Girls in Hawaii), au dansant single "
Electric Feel" comme un
Of Montreal période "
Hissing Fauna" redécouvrant la simplicité. Et puis "
Time to pretend" qu’on a étrangement envie de lier à toutes ces grandes chansons adolescentes qui rendent fou comme "
Just like honey" ou "
Be my baby". "
Pieces of What" sonne comme le fort méconnu et recommandable album de
Unpoc, c’est à dire les
Pixies en plein trip
Beach Boys avant que "
The Handshake" n’invoque la pluie pourpre du prince de Minneapolis.
Si
MGMT s’appuie souvent sur une petite formule (le petit riff de synthé), les américains le font toujours avec une franchise désarmante et une efficacité redoutable, on pense aux irrésistibles petites guirlandes de guitares des
Strokes de "
Is This It ?". De toutes façons, pas la peine d’y aller par quatre chemins, on tient là un grand disque pop, tout ou presque est tube en puissance. "
Oracular Spectacular" prouve, si besoin était, que tous les autres electros poppeurs ont cette tare commune : ils ne savent pas écrire de chansons. Les
Klaxons ont du se pendre en entendant ce disque. Tant mieux.
Un grand disque pop, l’équivalent 2008 du "
Hissing Fauna are you the destroyer ?", dont on ne pouvait décemment pas ne pas parler. Voilà qui est fait, de manière expéditive qui fait sûrement injustice à la qualité de l’objet mais mieux vaut tard que jamais.