Trois ans après leur passage dans cette même Cave Aux Poètes de Roubaix, les russes (KAMARADES !) de Motorama reviennent secouer l’hiver du Nord avec leur post-punk lumineux. Retour sur cette soirée de fraîcheur qui réchauffe les coeurs.

Motorama, toujours là

Etonnant de voir un groupe revenir deux fois dans une petite salle comme la Cave Aux Poètes de Roubaix, 3 ans et quelques albums plus tard. Leur succès n’est pas retentissant, mais la critique et leur signature sur le label bordelais Talitres a permis aux 4 ruskovs de Motorama de se faire un nom en France. Leur pop qui lorgne du côté du post-punk et de la cold wave a en tout cas su attirer suffisamment de personnes pour que la salle puisse afficher un fier « Complet » pour leur concert du 8 février.

C’est à trois que le groupe débarque, un line-up réduit mais diablement suffisant : batterie, basse et guitare, point barre. On notera bien le synthé, parfois utilisé, mais le gros des parties synthétiques ont été enregistrées.

Froid à l’extérieur, fondant à l’intérieur

Malgré ses airs d’ex-militaire devenu prof d’histoire (parcours pour le moins improbable, j’en conviens), le frontman Vladislav Parshin dégage derrière sa froideur de façade un certain charisme, voire une chaleur qui transparaît parfois dans la musique de Motorama. Au milieu de cette cold wave se perdent parfois des inspiration afro-beat, même quelques semblants de disco. La faute probablement aux rythmes souvent enlevés, parfois robotiques du batteur. Ne voyant pas la scène en entier, j’ai d’ailleurs cru durant 5 bonnes minutes que le groupe utilisait une boîte à rythme.

Au début les morceaux dépassent difficilement les 4 minutes et sont tellement carrés qu’on se demande si ce ne sont pas des robots qui jouent, Kraftwerk-style. Au fur et à mesure que les titres défilent, je me laisse emporter par leur qualité de leur discographie et cette sorte de lumière semblant traverser une épaisse couche de glace. Autour de moi ça danse, ça saute, notamment sur des morceaux de l’acabit de « Tell Me » issu de leur dernier album « Dialogues ».

L’analogie avec Joy Division puis New Order est certes flagrante, on retrouve quelque chose qu’ont depuis perdu leurs autres ersatz Interpol, Editors (pour faire court) : cette sincérité, et la pureté de leur composition. Pour ceux qui seraient intéressés par leurs différentes inspirations, je vous conseille cet excellent dossier de Goute Mes Disques où le chanteur Vladislav dévoile ses influences russes.

 

On pourra reprocher une certaine froideur dans leur attitude et un set bien trop carré, mais les gars de Motorama ont réussi à réchauffer nos coeurs et nos corps avec une pop rythmée et lumineuse. Cold wave, but warm vibrations.
 


 
Merci mille fois à l’équipe de la Cave Aux Poètes pour la place gracieusement accordée au dernier moment. Coeur avec les moufles.

Crédit photo : Motorama