Le Festival Les Nuits Secrètes proposaient une affiche assez éclectique, comme à son habitude. En regard du programme, j’avais décidé de ne faire que le vendredi histoire de revoir ces chers Jagwar Ma ou encore constater sur scène le phénomène The Shoes, accompagnés de General Elektriks ou encore Soulwax. Retour sur une journée riche en rebondissements.

Sécurité.

Mine de rien, Les Nuits Secrètes fêtaient leurs 15 ans cette année. Un anniversaire tout particulier dans le sens où l’événement se frottait à une nouvelle formule, le payant. Car oui, jusqu’à maintenant, le festival Nordiste d’Aulnoye-Aymeries, pourvu d’aides régionales avait cette incroyable capacité à attirer des têtes d’affiche de la « musique actuelle » sans que le public n’ait à débourser quoi que ce soit. Seule la partie « jardin » nécessitait une participation assez faible, j’y avais ainsi vu Les Puppetmastaz avant Mr Oizo il y a une dizaine d’années. Pour situer un peu la chose, le festival a lieu au centre même de cette ville de l’Avesnois, la Grande Scène, le Jardin ou encore la salle dite Bonaventure sont séparés de plusieurs centaines de mètres qui, épidémie de terroristes mous du bulbe oblige, nécessite à chaque fois à un contrôle strict puisque l’on repasse au sein de la ville, fermée à la circulation mais libre d’accès. Et si pour le coup, l’orga n’y est pour rien, je vous laisse imaginer le plaisir de la fouille/file permanente quand on passe d’une scène à l’autre. Néanmoins, difficile de les blâmer, on sent bien que la sécurité a été bien préparée en amont, le forces de l’ordre sont présentes en force, équipées, le centre-ville est barré d’énormes blocs de béton pour éviter les strikes de piétons à base de camion. Et certains concerts surprises qui avaient lieu dans endroits ouverts sont confinés en intérieur pour éviter tout souci.

Et foirades.

Malheureusement, quelques ratages vont s’accumuler sans que l’on ne puisse imputer cela à qui que ce soit d’autre hormis l’orga’ elle-même. En vrac, citons le pass photo accordé en ligne mais inexistant le jour J (je vous laisse imaginer le plaisir de la fouille/file permanente/explication du pourquoi j’ai du matos photo pro pas autorisé quand on passe d’une scène à l’autre), nous ne serons d’ailleurs pas les seuls rencontrant des problèmes d’accréditation, les carte cache cash créditées en ligne, que l’on ne peut récupérer qu’à un endroit du festival parce que tout le monde n’est pas équipé pour les délivrer, l’indication inexistante du festival hors centre-ville, autant le dire, il y avait longtemps que je n’avais pas eu une telle impression d’approximation. Alors certes, derrière, il ne s’agit pas de LiveNation mais d’une « simple » association. Reste qu’avec 15 ans au compteur, et même si l’on parle d’une équipe principalement bénévole, on pourrait logiquement s’attendre à un certain rôdage pour cet événement local dont la grosse spécificité consiste à organiser des concerts dans des lieux improbables afin de surprendre les spectateurs. Et pourtant, non. Un joyeux bordel au goût amer me concernant.

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Et la musique alors ?

Bah oui, parce que même si c’était un peu chaotique tout ça, il y avait aussi des concerts. Soyons clairs, pour des questions pratico-pratiques de matos photo non autorisé, je n’aurais fait qu’un aller/retour entre la Grande Scène et le Jardin où je passerais le plus clair de mon temps. À peine suis-je allé voir quelques titres des General Elektriks sur la grande scène. Oui parce que si vous comptiez voir Alice On The Roof à 18h, c’était un peu compliqué. Le temps de récupérer votre pass à la maison du festival, de faire la queue pour la fouille, il fallait être présent très très tôt, je ne sais pas si des gens ont réellement vu l’ensemble du concert mais il semblait bien compliqué d’être devant la scène à 18h. Quoi qu’il en soit, General Elektriks qui passait à 19h20 aura joué devant un public encore clairsemé, il faut dire que la file est assez conséquente (toujours pour des raisons de sécurité). Pas le temps de s’attarder néanmoins, mon collègue David doit shooter tous les concerts pour son employeur et Odezenne est programmé 30 mn plus tard au jardin. On n’aura donc pas trop le temps de s’extasier devant l’énergie volontaire de la formation à chauffer le festival (puisqu’il faut remonter 2 rues de la ville et être à l’heure).

Et si au final, Odezenne n’est pas trop du ressort de Visual, leur prestation avec musiciens avait quelque chose de très sympa, je l’avoue. Guitariste et batteur sont bien présents sur scène pour épauler le flow ciselé du duo et assurer un show rondement mené. C’est durant le set électro de FKJ qui suivait que mes comparses et moi en profiterons pour manger un bout, de ce point de vue, le festival avait prévu pas mal de possibilités, soulignons encore comme les boissons à des tarifs franchement raisonnables. On remarquera tout de même que ce n’est pas la foule côté jardin, reste à voir si le climat tendu ou la nouvelle politique tarifaire aura le plus refroidi les gens en ce vendredi. Quoi qu’il en soit, on n’aura pas trop de mal à se mettre à l’avant de la scène pour aller voir les australiens de Jagwar Ma. Un passage qui précède ceux prévus en Novembre à Paris ou encore au Grand Mix et qui permettra même de découvrir quelques nouveautés puisque leur second album déboule dans quelques semaines. En tout cas, le public se laissera vite emporté par le rock électro psychédélique du trio. Il faut dire que le premier album constitue le plus gros de ce set d’une heure durant lequel on n’échappera pas aux incontournables « Man I Need », « Uncertainty », « Come Save Me » ou Encore « The Throw ». Transformant ainsi le jardin en dancefloor pour le plus grand bonheur du public présent et reléguant, me concernant, au statut de mauvais souvenir leur précédent passage au Grand Mix lors d’une soirée qui avait quelque peu déçu.

En raison de mon statut officieux de photographe, je profite du set complet pendant que le Kamarade David finira par se rendre sur la grande scène afin de photographier/voir The Shoes (que je préfère abandonner de peur de me faire définitivement refouler à l’entrée d’une scène). De mon côté, j’aurais eu l’occasion de voir le début du set de Soulwax et ses trois batteries, respirant l’énergie pour un show commençant à 00h30 tout de même. Malheureusement, il nous reste une heure de route et nous décidons de quitter prématurément le festival qui se poursuivra jusqu’au petit matin (et que David continuera de couvrir le reste du week-end). Mais sans moi. Ainsi devaient se succéder Gogol Bordello, Hinds, Ludwig Von 88 ou Feu! Chatterton pendant que General Elektriks ou encore François And The Atlas Mountains devaient jouer hors des sentiers battus lors des fameux parcours secrets.
Tant pis pour nous. Et tant pis pour le festival et sa gestion plus qu’approximative qui m’auront quelque peu gâché le plaisir de cette journée mais qui, je l’espère, aura été moins flagrante pour le reste des spectateurs.