Ayant eu la chance d’écouter leur second disque quasiment 6 mois avant sa sortie, Temples mettait les pieds à Paris pour une journée promo. Une vingtaine de minutes revenant sur leur courte mais dense carrière avec James Bagshaw et Thomas Warmsley. Respectivement chanteur et guitariste.

Le fameux deuxième album

Dans les premières interviews faites à l’annonce du disque, vous décrivez votre approche comme plus directe. A quoi vous associez ça ?  


A force de jouer le premier disque et de quasiment deux ans de tournée, tu changes. De ce fait, on avait envie d’écrire des paroles plus proches de nos vies et de ce qu’on ressent. En tout cas, s’éloigner de l’abstrait et de l’imagerie qui pouvait caractériser les précédents titres. Ca doit être notre manière d’évoluer en termes de compositions.

Votre succès a été fulgurant avec une longue tournée, une avalanche de bonnes critiques et même un passage dans les talk show US. Comment vous l’avez vécu ?

C’est allé en effet assez vite car nous avions mis quelques chansons sur le net avant de sortir le premier album et d’enchaîner sur cette tournée. Clairement à ce moment-là, tu vis les choses sans jamais trop te retourner. A la fin de cette phase, c’est un peu comme tu reviens d’un long voyage. Tu repenses aux images, aux bons souvenirs et tu te dis : « ah ouais j’ai fait ça, c’est vrai que c’était cool ».

Vous accordez de l’importance dans l’esthétique. Vous pouvez me dire ce qui se cache derrière la pochette de Volcano ? 


L’idée était d’interpeler différemment en passant d’une photo à une illustration. Cette image d’un coeur et d’une clé l’un dans l’autre nous plaît bien car elle est sujette à de nombreuses interprétations : elle n’a pas de réponse toute faite, on peut y voir ce qu’on veut et surtout elle intrigue et invite à y passer du temps.

On a souvent parlé de votre approche DIY pour la production. Est-ce que vous avez été tenté de céder aux sirènes du gros producteur connu ?

Bien au contraire en fait. On a réfléchi à des grands noms avant de s’y mettre bien entendu mais ça aurait sûrement été trop cher. Surtout, c’est seulement notre deuxième disque. Nous voulions donc savoir ce qu’on était capables de faire pour aller plus loin dans notre approche du son, la qualité des enregistrements et nos propres orientations. Il y a beaucoup trop de groupes à l’heure actuelle qui prennent un nom sans rien en faire derrière.

Passion Gare du Nord

Vous avez souvent déclaré votre amour pour Paris et votre fascination pour son rapport avec les artistes. Est-ce que vous avez des lieux favoris dans la ville ?

C’est cliché mais la plupart des monuments et des quartiers emblématiques de la ville sont sublimes. Cependant, j’aime beaucoup la Gare du Nord. Il y a quelque chose de très français et pittoresque dans cette gare. Peut-être aussi parce que ça symbolise l’arrivée en Eurostar depuis Londres et du coup, nos premiers passages en concerts ici. Dans le même état d’esprit, j’apprécie aussi les aéroports. J’aimerais bien une fois qu’on joue à Gare du Nord.

Très belle déclaration pour cette gare, c’est assez original. D’ailleurs, je ne sais pas si vous connaissez la Blogothèque mais ils ont déjà réalisé pas mal de fois ce genre de concerts insolites, notamment à Charles de Gaulle avec Metronomy. Rentrez en contact ! Aussi, est-ce que le lieu où vous êtes influe sur ce que vous composez ? Ou au contraire, vous préférez écrire « à la maison » ?

On ne connaissait pas ce site : on y jettera un oeil. Pour le lieu, sûrement que c’est une piste qu’on creusera par la suite, on s’est déjà fait la réflexion à certains endroits notamment aux Etats-Unis. On aimerait aussi se produire encore dans d’autres pays du monde en l’Amérique du Sud. Mais pour l’instant pour la composition, on a préféré la jouer à domicile.

Vous jouez pour Rough Trade ce week-end. C’était quoi votre premier disque acheté ?

Le premier disque, ca devait être l’Unplugged de Nirvana. Je me souviens avoir acheté beaucoup de disques à l’époque quand j’étais au collège et je les écoutais dans mon Discman en marchant. Sauf que ce truc sautait à la moindre secousse donc je devais marcher très lentement. Ca paraît si vieux ! Et toi ?

Perso, c’était Fat Of The Land de Prodigy et je me souviens très bien du post-it donné à mon père pour qu’il aille à la Fnac : un autre monde. D’ailleurs, qu’écoutez-vous en ce moment ?

Les Lemon Twigs. Je trouve ça assez bluffant ce qu’ils ont réussi à faire : c’est différent, original, couillu et très abouti. J’ai déjà hâte d’entendre la suite pour voir ce qu’ils vont sortir. Mais va falloir que j’attende un peu…

Quelle est la dernière chose qui vous ai fait marrer ? En enregistrement ou en tournée, une private joke…

Ce qui est drôle, c’est qu’on nous décrit souvent sûrement à cause de notre look comme taciturnes et/ou dépressifs. Alors qu’en réalité, on n’arrête pas de se vanner. C’est donc beaucoup de privates jokes que je ne peux pas forcément te citer mais on adore mater des séries bourrées d’humour anglais comme The Office par exemples. De l’humour à froid, pince sans rire, bien de chez nous certes mais c’est ce qui nous fait le plus marrer.

Pour finir, qu’est-ce qu’il vous attend d’ici la sortie du disque dans 4 mois ?

Une longue attente ! On a vraiment hâte que ce délai se termine. D’ici-là, il y aura sûrement eu un leak. On sera peut-être amené à le faire nous mêmes. Qui sait ? (rires)

Discrets au départ, pinces sans rire ensuite, les deux têtes pensantes de Temples sont plus que pressés de présenter Volcano seulement disponible au mois de mars. Vous les retrouverez très vite sur les festivals et pour une tournée mondiale.