L’anti-américanisme est souvent de bon ton en nos contrées européennes. Il faut dire que souvent, nos cousins d’outre atlantique prêtent à la moquerie, voire à la caricature.
Alors quand lors de quelques recherches sur la toile à propos de
Felice Brothers on lit, je traduis, « l’americana le plus pur », on part avec un léger a priori…
De caricature, il en est question ici.
On est comme au saloon pied tendre, on boit un whisky avec
John Wayne en attendant une éventuelle attaque des
Daltons. Qui n’arrive jamais. Tout est calme à défaut de luxe ou de volupté.
Mais là n’est pas le principal problème de cet album, après tout la country-folk est un genre en soi, avec ses codes et ses conventions. Non, le truc, c’est que les
Felice Brothers se placent en bonne position dans la salle d’attente du psy spécialisé dans le traitement du répandu «
Bob Dylan m’a légèrement traumatisé ».
Voix nasale, diction zimmermanienne mais génie mélodique probablement oublié dans les Grandes Plaines. Alors oui, le titre «
Frankie’s gun » par exemple est bien fichu et jamais désagréable mais, au choix, on préfèrera n’importe quelle chanson de, au hasard,
Freewheelin’. On a des difficultés à avaler des légumes en boite lorsqu’on en a des frais dans le jardin (même si certains argumenteront que
Bob Dylan n’est plus exactement très frais).
Les
Felice Brothers ont la bonne idée de ne jamais rien faire de vilain, mais l’album est bien trop long, quinze titres qui paraissent une éternité, comme un cheval avançant au ralenti. Dans le même genre, on conseillera plus aux amateurs de folk le Dvd
Sunken Treasure de
Jeff Tweedy.
Ici, c’est plus le navet
Wyatt Earp que le chef d’oeuvre
Impitoyable.
A écouter : en cas d'insomnie