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Continuons dans notre série Les Filles Qui Chantent. Après le douloureux épisode Sera Cahoone (on a encore du mal à s’asseoir…), c’est tout tremblant que Kathleen Edwards a fait son entrée dans la playlist du moment. Et le premier titre, « Buffalo », nous a rassuré. Assez minimaliste, déprimé, ambiance piano-voix glauque à la Neil Young et surtout pas l’impression d’avoir déjà entendu la même chose un million de fois. Soupir de soulagement. La suite sera moins évidente à aborder.
En effet, Kathleen est une nana qui n’aime pas qu’on l’appelle nana et elle nous le fait savoir tout au long de Asking for Flowers. Ambiance pop-rock FM, country-pop même, l’album alterne titres acoustiques et chansons plus rythmées et a le bon goût de ne pas trop céder à la balade facile et gonflante, à l’éternel complainte du coeur brisé, bien légitime mais assez casse-gueule. Kathleen fait même montre d’une belle énergie sur « The cheapest key » et « Oil man’s war » est assez touchante. C’est donc avec regrets qu’on annonce que la grande majorité de Asking for flowers s’aventure sur des territoires plus conventionnels. Difficile en effet de différencier Kathleen de toutes ses collègues pop-rock. L’album a une tendance, assez regrettable il faut le dire lorsqu’on prend « Buffalo » comme point de comparaison, à s’aventurer sur le terrain du « ni… ni… ». Ni franchement balade, ni franchement rock et cette option M.O.R rapproche souvent Asking for flowers de ce que nous gratifiait Lene Marlin au siècle dernier… A la longue cela peut devenir un peu pénible, on pense notamment à l’insupportable « I make the dough you get the glory », aussi effrayant que la canne de Patrick Hernandez.
Ce petit manque de personnalité est fort dommageable pour la canadienne car elle ne manque pas d’idées et tape quelque fois dans le mille (« Buffalo », « Goodnight California » et sa très belle coda) ce qui n’est pas peu dans un genre ultra balisé comme celui-là. Bon effort donc, prometteur si Kathleen Edwards s’invente un vrai courage pour aller dans les directions les plus intéressantes de son album car en attendant, on craint qu’elle soit condamnée au purgatoire de fond sonore pour séries adolescentes.