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Du biff.

HBO, Martin Scorsese, Mick Jagger, le rock, les seventies, New York et un budget d’un million de dollars par épisode rien que pour les droits musicaux. Vinyl avait tous les ingrédients à disposition pour réussir à former au moins un objet de culte, au mieux un nid à anecdotes croustillantes mis en scène dans un écrin difficilement égalable. Un pilote outrancier de quasiment 2 heures annonçait la couleur : name-dropping dans tous les sens, acting over the top, cliffhangers bigger than life, prise de coke en gros plan, nichons à l’air et morceaux iconiques toutes les 5 minutes.

Et après ?

Premier écueil ? Les personnages masculins sont quasiment tous détestables : Richie Finestra est une grande gueule n’en faisant qu’à sa tête et passe la moitié des épisodes à se coker, l’autre à gueuler. Les personnages féminins sont pour la plupart des victimes, bonnes à satisfaire les désirs du sexe fort ou à rester au foyer pour mûrir leurs frustrations. Seul le rôle de Juno Temple semble avoir grâce aux yeux des scénaristes. Là où celui d’Olivia Wilde n’est qu’un miroir aux alouettes : à chaque fois qu’on croit à une évolution, elle retombe dans la soumission. Au lieu d’être fun, Vinyl est déjà poussif et agaçant par ce qu’il fait de son casting. Il en reste l’admirable plastique d’Olivia jamais à court de scènes dénudées ou les seins de notre chère Juno : deux points qui en disent encore long sur l’attention portée aux demoiselles dans une série sévèrement macho.

“Du name-dropping à outrance contre une absence de substance.”
Autre reproche : les personnes connues. Le New-York dépeint ici est celui d’Andy Warhol, du Velvet Underground, de Bowie, d’Iggy, d’Alice Cooper, de Led Zep, etc… Le problème, c’est que la ville devient un gimmick géant pour les intégrer aux situations vécues par les personnages sans y apporter de valeur ajoutée. A part celle de jouer avec les souvenirs des fans des artistes. Une démarche opportuniste qui laisse à penser que la série n’est là que pour bouffer à tous les râteliers. Sans compter que le jeu des sosies n’est pas toujours de très bon goût comme ce David Bowie joué par Trey Songz dont on se serait passé allègrement vu la récence de son décès.  Pour rester sur la musique, les différents morceaux choisis sont une évidence et tiennent presque de la tarte à la crème. Le pire étant atteint avec le pilote nous laissant de longues minutes devant des séquences de playback ayant très peu d’intérêt. Pour donner un peu de change, la série a invité des artistes d’aujourd’hui à faire des covers de ses mêmes morceaux. Le résultat est à écouter en fin d’article avec Iggy Pop, Alison Monhart, Royal Blood ou Julian Casablancas au micro.

L’apparition de David Bowie.

De la forme sans fond…

Une fois ces deux problèmes énoncés, on a quasiment tout dit sur les raisons de la colère de tout ceux qui ont posé leurs yeux sur cette série. En pensant faire de ses personnages une force, Vinyl se tire une balle dans le pied. Nous ne sommes pas là pour suivre une histoire plus ou moins fidèle de personnes travaillant dans la musique. Nous sommes là pour voir ou apprendre des histoires de l’époque, pour se marrer avec un univers qui nous passionne et c’est sur ce point que le show se plante. En ne prenant pas son matériel de départ du bon côté, il transforme le résultat attendu en espèce de drama où on se fout complètement de ce qui se passe. Entre dénouements attendus et situations surjouées pour masquer le manque de contenu, Vinyl a de faux airs de Mad Men m’as-tu-vu :  sans scénario, ni classe. Regarder la totalité de la saison ne change pas vraiment la donne avec une intrigue diluée et redondante. Les derniers épisodes versent d’ailleurs totalement dans l’avalanche de stars à outrance avec l’apparition de Bob Marley, John Lennon et bien d’autres pour finir par amorcer l’avènement de la disco. Sans qu’on en ait quelque chose à foutre. Gagner du temps : si vous n’avez pas aimé le pilote, la suite n’a rien de plus à vous offrir.

Les Affranchis à la sauce rock, ça pouvait donner un résultat intéressant sur le papier. Au final, le bilan est assez cliché et laborieux. 

“Si tu n’as pas aimé le pilote, épargne-toi la suite.”