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Black Mountain est un groupe rare. Il aura fallu attendre 5 ans pour le groupe donne un successeur à Wilderness Heart. Aussi, à l’annonce de la tournée promo de IV, je me devais d’être là, rien ne permettant d’assurer que l’on revoie Black Mountain de sitôt, voire même qu’on les revoie tout court.

Après une première partie assez dispensable, le groupe fait une entrée en scène discrète et s’emploie tout de suite à poser le cadre avec “Mothers of The Sun”, long morceau introductif de l’album IV, géniale construction de 8 minutes, excusez du peu. Derrière moi j’entends : “Ah, ils commencent par la meilleure !” Pas faux. Le ton est donc donné.

Le groupe enchaîne avec “Florian Saucer Attack” et on se demande si Black Mountain a l’intention de jouer son dernier album dans l’ordre. A peine le temps d’être effleuré par l’idée que le groupe embraye sur “Stormy High”, autre morceau introductif génial, de l’album In The Future cette fois. Les géniales guitares stoner mariées aux claviers nous accrochent irrémédiablement à la soirée. Les grands cris de bonheur et de satisfaction du public lorsque retentissent les premières notes de “Druganaut”, morceau emblématique du premier album éponyme du groupe, montrent qu’aucun retour en arrière ne sera possible.

Mine de rien, avec “Cemetery Breeding” qui suit, on a déroulé 4 morceaux relativement courts, compacts et percutants. Le tout sans un mot du groupe ou presque. Un constat s’impose : ce groupe ne brille pas par la loquacité de ses membres. Les morceaux se sont enchaînés à toute vitesse et Amber Webber et Stephen McBean se sont disputés un “Thank you!”, guère plus. Il faudra attendre l’arrivée dans l’Orangerie du Botanique d’un grand plateau de bières déposé sur scène pour permettre au groupe de se rafraîchir (la grande classe belge) pour entendre Amber Webber faire une phrase complète : “Thanks for the free beers policy”.

Parlons justement d’Amber Webber. On donnerait à peine 18 ans à la chanteuse du groupe avec sa petite veste en jean’s et sa timidité manifeste. Pourtant, dès qu’elle se met à chanter de sa voix cristalline et puissante, une véritable voix de sirène, personne n’aurait plus l’idée de la traiter de fillette. Un peu comme Stephen McBean et ses faux airs de Corbier. Dès que ses doigts touchent sa guitare, on ne peut rien ressentir d’autre qu’un immense respect et une énorme admiration pour ce “vieux” barbu.

Reviennent alors des morceaux plus longs comme “Tyrants”. Bizarrement, à chaque fois que Black Mountain se lance dans des morceaux de rock psychédélique planants comme celui-ci, une odeur d’herbes de Provence ou un truc du genre se répand dans la foule… Le génialissime “Space to Bakerfield” offre au concert une conclusion de 10 minutes qui touche à la perfection.

On regarde l’heure, le set a été court, tout s’est enchaîné très vite. Trop vite. Mais c’est toujours trop court quand un concert est de ce niveau. Alors on prend les deux titres de rappel comme l’incroyable chance de prolonger encore un peu ce moment privilégié passé avec un groupe un peu autiste et tellement talentueux. Quand les lumières se rallument, j’entends des gens remercier d’autres gens de leur avoir fait découvrir ce groupe et de les avoir incités à venir au concert. Allez, on y croît, il y aura un 5ème album de Black Mountain et une nouvelle tournée pour en profiter encore une fois.

Black Mountain, le Botanique, Bruxelles, 13 avril 2016