Quand Chino Moreno découvrait Depeche Mode à 16 ans

Ross
Par
4 min. de lecture

Chino Moreno vient de lâcher une petite bombe nostalgie. Le frontman de Deftones était l’invité du podcast World Cafe, et il a lâché le morceau : son tout premier concert live, c’était Depeche Mode. En 1990. Il avait 16 ans. Premier rang. Déjà en mode guerrier.

L’histoire ? Un fan de Reddit a exhumé une photo du gamin perdu dans la foule, scotché contre la barrière comme si sa vie en dépendait. Et clairement, elle en dépendait.

« Je me souviens juste que c’était la chose la plus cool que j’avais jamais vue. J’adorais déjà Depeche Mode depuis la sixième quand ma grande sœur m’avait filé la cassette de ‘Speak & Spell’. » (World Cafe)

Juillet 1990, Cal Expo Amphitheatre à Sacramento. Tournée World Violation. L’album Violator venait de sortir. Moreno découvre le live. Et accessoirement, la scène qui va façonner toute sa carrière.

Parce qu’on ne parle pas juste d’un concert sympa. Depeche Mode, pour le gamin, c’était déjà une obsession. Un truc que personne d’autre à l’école ne captait. Une cassette venue d’une grande sœur un peu plus éclairée que la moyenne.

« Avant, Depeche Mode n’était pas beaucoup diffusé à la radio. Je ne connaissais ça que grâce à ma sœur. Je me sentais privilégié d’écouter de la musique que personne d’autre à l’école n’écoutait. » (World Cafe)

Et des années plus tard, Deftones couvre « To Have And To Hold » pour l’album hommage For The Masses (1998). Retour aux sources. Hommage aux influences. Le truc vient de loin.

Mais Moreno ne s’est pas arrêté là. Il a aussi parlé de Duran Duran — autre pilier de sa construction musicale. Simon Le Bon, c’était l’autre référence. Les paroles abstraites. Les images visuelles. Les clips barrés tournés à Sri Lanka.

« Je lisais les paroles de Simon, elles étaient tellement abstraites mais pleines d’images. J’adorais ça. Je n’avais pas besoin de comprendre ce qu’il chantait, mais je trouvais ça génial comment il peignait ces tableaux. » (World Cafe)

Duran Duran ? Souvent considéré comme un « boys band » dans les années 80. Mais musicalement, c’était du solide. Moreno a d’ailleurs repris « The Chauffeur » en 1997 sur l’album tribute The Duran Duran Tribute Album. Enregistré en quelques heures à la fin des sessions d’Around The Fur. Un choix improbable à l’époque. Un coup de génie rétrospectivement.

« Pourquoi pas couvrir un morceau de Slayer ? Je trouvais ça bizarre. Je me suis dit : personne ne s’attendra à ça, alors allons-y. » (World Cafe)

Aujourd’hui, Deftones est plus gros que jamais. Arène headliners. Nouvelle génération de fans. Un succès qui transcende les décennies. Et pour Moreno, tout ça vient d’une volonté claire : ne jamais se laisser enfermer.

Pas de nu-metal revival. Pas de formule. Juste une identité propre. Un refus de faire « comme les autres ».

« Je pense que l’effort conscient qu’on a fait pour ne pas faire la même chose que nos contemporains, surtout autour de ‘White Pony’, c’est ce qui nous a permis de ne pas être enfermés dans une case. Je n’ai jamais voulu qu’on pense qu’on était meilleurs qu’eux, je voulais juste qu’on ait notre propre identité. » (World Cafe)

Et tout ça, ça vient de ce gamin de 16 ans, perdu au premier rang d’un concert de Depeche Mode. Première claque. Première leçon. Première révélation.

Partager cet article