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Pour sa seconde édition, le Longlive RockFest auquel nous étions associés, s’est mué en festival de deux jours (contre un seul l’année dernière) toujours dédié aux styles les plus rassembleurs des musiques chez les jeunes amateurs de musiques amplifiées, à savoir tout ce qui mélange métal, pop, punk et hardcore. Un gloubiboulga attrayant pour celui qui aime l’éclectisme mais, malheureusement, qui explique le public relativement clairsemé en cette journée de samedi. Afin de permettre aux 20 groupes de pouvoir jouer dans la journée, le Transbordeur à Lyon a été aménagé en 2 scènes : la grande scène habituelle a été réduite au niveau des gradins pour l’occasion, tandis qu’une seconde a été aménagée dans le grand hall (en mode Transbo Club pour ceux à qui ça évoque quelque chose). Les groupes ont alterné entre ces deux scènes pour des sets assez courts, entre 30 et 45 minutes afin que les concerts enchaînent sans qu’on ait de choix à faire, un bon point pour l’orga.

Veni. Vidi. Pogoti.

Le premier groupe qu’on a pu voir, c’est Alea Jacta Est (7-8 groupes étaient déjà passés auparavant). Les routards toulousains font dans le hardcore old school façon Madball / Biohazard, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a su attirer un bon nombre de furieux qui se sont bien donnés dans le mosh pit, une vraie démonstration de KDS. Prestation solide et musclée des toulousains, bonne entrée en matière pour nous. Direction la grande scène pour Hundredth, et c’est une nouvelle bonne surprise. Ça sonne assez moderne comme du Comeback Kid / Defeater, avec en plus des passages beatdown bien hargneux. Malgré des moyens plutôt modestes, les américains se démènent pour occuper au maximum l’espace et réussissent un show agréable qui donne envie de connaitre mieux la discographie du groupe. Néanmoins la taille démesurée de la grande scène semble déjà être un handicap au vu nombre insuffisant de spectateurs présents.

Nice show #aleajactaest #llrf16 #leskidscacourentbeaucoup #hxc #pit #moshpit #hardcore #toulouse

Une vidéo publiée par Frederic (@katolecho) le

Le chaud et le froid.

On passe à Hypno5e, du metal atmosphérique qui aime se donner une ambiance musique de film. Les phases de gros poutrage à la Gojira succèdent aux parties lancinantes et éthérées. Les quelques métalleux présents ont l’air de pas mal apprécier – il faut dire qu’après plus de 10 ans d’existence, le groupe s’est constitué un bon petit paquet de fans. Nous, on est resté assez insensible à leur musique, techniquement irréprochable mais au final très froide. Le groupe suivant, World Alive, fera les frais d’un urgent besoin de rafraichissement houblonné.

On revient donc avec Polar, qui comme Hundredth fait dans le hardcore mélodique mais dans une veine bien trop conventionnel pour être réellement marquant – d’ailleurs les anglais ont eu le plus grand mal à mobiliser le public malgré une poignée de fans dévoués. Tout le contraire de Nasty, véritable bulldozer hardcore old school qui rameute tout les adeptes de moshpits sauvages. Grosse présence scénique, discours bon esprit, partage avec le public : les belges ont fait un sans faute au niveau de la checklist du parfait concert de hardcore. Inutile de vous dire qu’on était ravi d’y assister au premier rang.

Le temps de voir un mec tenter vainement de soigner son nez pété suite à un KDS non maitrisé, le set de Burning Heads commençait. Les vieux de la vieille du punk rock français ont voulu se fondre dans l’ambiance plutôt énervée et ont choisi leur titres les plus rapides, à l’exception du final reggae/dub en forme de troll assez bien vu. La grande scène accueillait le groupe le plus attendu de la soirée : Rise Of The NorthStar. D’un côté on notera un show carré avec une mise en scène (costume, harangue du public) efficace et probablement la meilleure qualité sonore de tout le festival. De l’autre, cette espèce de rap-métal faussement hargneuse que propose le groupe est tout bonnement insipide. Malgré le soin pris pour son apparat, Rise Of The North Star ne dégage rien et c’est sûrement son plus grand défaut.

Vous vous souvenez quand on a traité Burning Heads de vieux ? Bah, ce n’est rien à côté de SNFU ! Ça fait un choc de tomber sur une bande d’authentiques sexagénaires à la barbe grisonnante et au cheveux raréfié au milieu d’un festival de hardcore… Spéciale dédicace au chanteur rachitique vêtu d’une robe à paillette et du bassiste avec une prothèse à la place de la jambe gauche. Malgré les apparences, le set de SNFU a été très énergique, l’impression d’entendre les premiers Pennywise est prégnante – et fort agréable malgré un certain manque de variété. Sans transition, Northlane sur la grande scène démontre rapidement qu’il n’est qu’une incarnation molle et encore plus narcissique de Bring Me The Horizon. Next.

SNFU nous ont mis des paillettes plein les yeux sur la clubstage ✨ #llrf16 #longliverockfest #transbordeur #snfu #lyon

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Le Démon.

Dernier concert sur la scène Club, Celeste font figure d’épouvantail dans le programme de la soirée. Dans une salle plongée dans une obscurité (relative) et remplie de fumée, les lyonnais ont posé leur doom caverneux et surpuissant, contrastant franchement avec l’esprit plutôt positif affiché par la plupart des groupes. Si cela a suffi à faire fuir le gros des spectateurs croyant à une messe satanique, ceux qui sont restés furent subjugés par tant de noirceur et de charisme. Une bonne claque juste avant Satanic Surfers, excellent groupe de skatecore qui a su clore le festival avec dynamisme et bonne humeur malgré un public clairsemé.

Konclusion

À la sortie de cette édition du LongLive RockFest, le bilan est paradoxal : autant la succession de concerts punchy portés par une orga propre et dans une ambiance générale très sympa nous ont fait bonne impression, autant l’affluence timide et la prog discutable (on pense aux horribles Simple Plan programmés le vendredi) tempèrent notre enthousiasme. Espérons qu’Emodays saura apporter quelques réajustements pour l’année prochaine.