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Après une première journée ayant rempli toutes ses promesses, le samedi n’était pas forcément à notre goût sur le papier. Mais en arrivant sans attente, on peut aussi se retrouver agréablement surpris.

S’en tenir à la musique.

C’est la fin de Louis Cole Big Band lorsque nous nous dirigeons devant Girl In Red. Jeune norvégienne de 20 ans avec 2 EPs en poche, elle dispose d’une solide fanbase si l’on en croit les cris et la réactivité des premiers rangs de la fosse. Avec son punk rock teen, elle nous convainc très vite musicalement. Par contre quand la musique arrête, elle non. Sans filtre, elle balance des banalités sans arrêt pendant de longues minutes avant de reprendre le fil de son set. On pardonne en mettant ça sur le coup de l’émotion. Le point de non retour a été lorsqu’elle nous a demandé de nous asseoir, gimmick relou par excellence à moitié respecté par le public. On la garde dans un coin de la tête en espérant pour tout le monde qu’elle oublie ses deux trois défauts.

Le trou d’air.

Pas vraiment chaud pour aller voir Alpha Wann, nous errons et tombons sur Mathilda Homer. Âgée de 20 ans également, elle pose sa voix à la Amy Winehouse sur une musique jazzy. Typiquement le genre de set que t’écoutes allongé dans l’herbe en te rappelant que le poids des années, de l’alcool et des efforts de la veille commence à peser sur ton endurance.

Tous les mains en l’air.

Appréciés lors du Pitchfork Paris 2015Polo and Pan déboulent sur la musique de la Soupe aux Choux. Première itération du film ce week-end avant l’improbable Aphex Twin, c’est une intro qui déchaîne la foule déjà massivement présentes les mains en l’air. On peut s’interroger sur la ferveur du public lorsqu’on voit les deux gusses danser derrière leurs machines sans ne rien jouer ou pire, lorsqu’on les voit chanter dans leur micro en version auto-tunée. Leur chanteuse / danseuse arrive en milieu de set pour habiter un peu plus le chant et entre ça et les morceaux instrumentaux, le set prend son rythme de croisière. Entre Air, Daft Punk et un François Atlas sous électro, ça fait passer un moment agréable sous le soleil avant de passer rapidement à autre chose.

La révélation de la journée.

Tête d’affiche des festivals cet été, Jorja Smith a 22 ans et tout d’une diva. Arrivée après ses musiciens une fois que la musique a démarré, sur l’avant scène dès la deuxième minute, robe brillant de 1000 feux et quelques minauderies pour les caméras. Sauf que le rôle ne s’arrête pas là et lorsqu’il s’agit d’assurer le show, elle et ses musiciens ne sont pas là que pour les paillettes. Dans un registre vocal entre Lauryn Hill, Beyoncé et Alicia Keys, elle tient la note et son groupe étonne autant par son jeu que par la nature des mélodies. Le tout enrobé par une belle production vidéo. Syndrome du “allez encore une dernière”, nous avons regardé la totalité sans bailler et sommes rester soufflés devant la capacité de la dame à gérer un statut pareil aussi jeune. Dans le lot des titres, on vous recommande ce petit concert NPR.

Le set à ne pas manquer ce jour-là, sans aucune hésitation possible.

Privé de twerk.

Déjà croisés à Rock en Seine en 2015, Jungle joue maintenant en fin de journée sans prévenir. Avec seulement 2 albums et une néo-soul un poil soupe, on se dit que le costume est trop grand. Dansant certes mais tout ça se répète et on prend la route du départ à la moitié. Pas de Major Lazer pour nous : non pas que le twerk en public ne nous intéresse pas et c’était déjà assez d’ouverture musicale pour une journée. Sans avoir l’impression que les organisateurs ont déshabillé le samedi au profit des deux autres jours, cela n’a pas été aussi compliqué pour nous. L’idéal aurait été tout de même de glisser les groupes à guitares “mainstream” Foals ou même Two Door Cinema Club ici pour leur laisser un set plus long que ceux prévus dimanche… Une prochaine journée qui s’annonce corsée à gérer au vu de l’enchaînement cataclysmique de sets.