Votre mot de passe vous sera envoyé.

Hier soir Sound of Metal a reçu les Oscars du meilleur montage et du meilleur son. C’est en partie une fierté française puisque le responsable d’une de ces deux victoires n’est autre que l’ingénieur du son Nicolas Becker.

Metalhead

Si le film est réalisé par Darius Marder, le projet vient à l’origine de Derek Cianfrance (Blue Valentine, The Place Beyond the Pines). Metalhead devait être un film suivant la vie de Jucifer en tournée.

La chanteuse/guitariste Gazelle Amber Valentine raconte :

“C’était vers 2005-2006 ? On venait de jouer un concert à Manhattan. J’étais à la table de merch et Derek m’a approchée. Il m’a dit qu’il voulait réaliser un film où nous jouerions nos propres rôles, mais avec une histoire fictive. L’idée serait qu’Edgar subisse une perte d’audition.”

Method acting

Il n’y avait pas de script, seulement une histoire générale. Derek Cianfrance suivait le couple sur ses tournées avec une petite équipe en leur faisant par moment tourner des scènes qui faisaient avancer l’histoire.

Ils étaient alors libres d’improviser, tout en suivant le comportement de leurs personnages, qui déviait un peu de leurs vraies personnalités.

Ce tournage était parfois difficile, puisque le scénario jouait avec les vraies peurs des musiciens :

“C’était émotionnellement éprouvant de jouer des scènes où on devait réagir à l’idée de tout perdre, puisque ce tout qu’on devait prétendre perdre était notre véritable environnement.”

Passage de relai

Environ trois quarts des scènes de Metalhead ont été tournées, mais il devenait de plus en plus difficile d’organiser les sessions suivantes et le projet a fini par être annulé.

“Derek et Darius Marder travaillaient ensemble et ils nous ont présenté l’idée : Darius reprendrait les rennes et terminerait l’histoire de Metalhead à sa façon tandis que nous n’aurions plus qu’un rôle de conseillers. Nous pensions que c’était la solution parfaite.”

S’ils sont heureux de voir le choses se terminer comme ça, Gazelle Amber Valentine dit toutefois ne pas avoir envie de voir le film fini :

“Du fait de la tragédie que présente le film et la façon dont il reprend une partie de nos vraies vies, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Tant de nos amis musiciens et fans nous ont dit que c’était assez traumatisant à regarder, que c’était un peu trop proche de la réalité.”

L’interview complète est disponible chez Pitchfork.