Soundgarden : Le dernier album avec Chris Cornell arrive… et c’est un ascenseur émotionnel

Ross
Par
5 min. de lecture

Quand Matt Cameron, batteur de Soundgarden, annonce que finir le dernier album avec la voix de Chris Cornell est une « massive emotional roller coaster« , on se dit : mais c’est quoi, un manège émotionnel massif ? Une attraction Disney ? Un TGV des sentiments ? Spoiler : c’est pire. C’est Seattle qui pleure dans sa bière artisanale.

Le Rock & Roll Hall of Fame : la consécration des momies du grunge

Alors que Soundgarden s’apprête à rejoindre le prestigieux Rock & Roll Hall of Fame le 8 novembre prochain (oui, la cérémonie sera diffusée sur Disney+, parce qu’apparemment Mickey Mouse est fan de grunge), les survivants du groupe ont accordé des interviews pour parler de l’honneur. Et surtout, du fameux album posthume qui traîne depuis 2017.

Pour la cérémonie, tout le gratin du rock alternatif sera là : Jerry Cantrell d’Alice In Chains, Taylor Momsen des Pretty Reckless, Nancy Wilson de Heart, et même Mike McCready de Pearl Jam. Bref, c’est un peu la réunion Tupperware du grunge, mais version glamour à Los Angeles.

Cet album, c’est l’Arlésienne du rock. Promis, annoncé, retardé par des « legal setbacks » (comprendre : les avocats se sont battus comme dans une série Netflix), il est enfin en cours de finition. Matt Cameron a confié au Seattle Times :

« C’est un ascenseur émotionnel massif. Beaucoup de hauts, beaucoup de bas. Les hauts sont basés sur le fait que la musique voit le jour, elle prend vie. Certaines chansons semblent pouvoir être un nouveau chapitre dans l’écriture du groupe, donc c’est super doux-amer. Mais c’est difficile de travailler sur cette musique, d’isoler les voix de Chris et d’entendre cette belle voix sortir des enceintes toute seule. »

Traduction : on pleure, mais c’est beau. Le groupe est à mi-parcours de l’enregistrement de leurs parties, construites autour des idées et enregistrements que Cornell avait laissés avant sa mort en 2017.

Kim Thayil : « C’est beau mais ça fait mal »

Le guitariste Kim Thayil a ajouté sa touche de mélancolie philosophique :

« Le retard dans le processus a été dommageable à certains égards pour la nature émotive de l’expérience. Certes, c’est génial qu’on le fasse maintenant. Je me demande — parce qu’on ne peut pas s’empêcher de se demander — comment ce voyage émotif et créatif aurait pu se dérouler il y a six, sept, huit ans. Vous ne le saurez jamais, et il y a quelque chose de malheureux et de dommageable là-dedans. Mais il y a aussi quelque chose de bénéfique, parce qu’on le fait maintenant, et c’est magnifique. C’est une façon de rendre hommage à notre frère bien-aimé. Tout cela a juste beaucoup plus de poids émotionnellement et créativement, et on ne prend pas ça à la légère. »

En gros : « On aurait dû le faire avant, mais maintenant c’est encore plus lourd émotionnellement, donc paradoxalement c’est mieux ? » La logique du deuil, messieurs-dames.

Des concerts ? Peut-être. Avec des « amazing people ».

Quand on lui demande si le groupe jouera ces nouvelles chansons en live, Cameron reste prudent :

« On n’en est pas encore là. On essaie juste de finir la musique. Mais je pense qu’il pourrait y avoir des situations où ce serait vraiment cool de le faire. C’est juste une question de rassembler les bonnes personnes, et on a des gens incroyables avec qui on a travaillé, des chanteurs qui ont exprimé leur intérêt. Donc, on est vraiment, vraiment excités par ce à quoi ça pourrait ressembler. »

Traduction : « On verra, mais genre on a déjà des idées ». Suspense.

En conclusion : le grunge n’est pas mort, il est juste en soins palliatifs

Alors voilà, Soundgarden va nous livrer un dernier album avec la voix d’outre-tombe de Chris Cornell, quelque part entre 2026 et l’apocalypse nucléaire. Ce sera beau, triste, et probablement accompagné d’un documentaire sur Netflix où tout le monde pleurera en HD.

En attendant, on se prépare mentalement à écouter ça en position fœtale, avec une boîte de mouchoirs et un poster de Superunknown accroché au mur. Parce que franchement, qu’est-ce qu’on pourrait faire d’autre ? Danser ? Non. Pleurer en slow motion sur du grunge posthume ? Absolument.

Le grunge, c’est comme les zombies : techniquement mort, mais qui revient toujours nous hanter. Et on adore ça.

Partager cet article