Jamais l’attente de la sortie d’un DVD a été aussi énorme et le menu sur-alcoolisé de ce NOFX Backstage Passport n’y est pas pas étranger. En effet, ce DVD n’a décidément rien de conventionnel. L’idée est simple et d’une terrible efficacité : organiser et filmer une tournée dans des pays dans lesquels la plupart des groupes de punk-rock ne peuvent (et ne veulent) se rendre. A l’origine diffusé sur la chaine FUSE, le programme est agrémenté d’un magnifique packaging, ainsi que de deux heures et demi de bonus non diffusés ce qui rassure l’intérêt de l’achat pour ceux qui n’ont pas peur de l’Hadopi.

Tout commence dans les bureaux de Fat Wreck Chords, on découvre le curieux personnage de Kent, tour-manager / ingé son / baby sitter qui en a dans le bide (on parle d’alcool), et les membres du groupe. S’en suit, répartis sur 8 épisodes, des périples qui vont du Brésil pour un concert écourté par les problèmes techniques du guitariste Melvin (soit l’homme qui a du naitre avec des dreads locks) au Sud de l’Afrique en passant par le Chili où le groupe assiste à un déluge de fans montant sur scène ou sautant des balcons du stade pour atterrir dans la fosse.

Se suivent des situations aussi improbables qu’étonnantes comme une bagarre en Israël contre des ‘fans’ qui crachent sur le groupe, la fameuse groupie allumeuse qui ne veut pas quitter les backstages ou encore le groupe totalement défoncé à Singapour. La séquence montrant les roadies bloqués par la police dans l’enceinte du concert prévu au Perou, le promoteur n’ayant les autorisations nécessaires, et qui sont donc obligés de se cacher dans le camion d’un local fait définitivement partie des grands moments de ce dvd.
Diffusion prévue à la télévision oblige, tout va très vite et ces 8 épisodes ne laissent clairement pas place à une seconde d’ennui. Cependant, et malgré une bande originale allant puiser intelligemment dans l’impressionnante discographie du groupe, aucun live à proprement dit n’est disponible. Mis à part quelques extraits, aucune chanson complète n’est disponible sur ce dvd qui est vraiment un documentaire.

Les Bonus suivent le même voyage que le documentaires avec des scènes non diffusées comme l’escapade du groupe à Singapour après avoir gouté à de la poudre locale ou encore la bande en compagnie de Mad Caddies faire danser une russe dans le train. On regrettera certaines longueurs et peut être le manque de nouveautés par rapport au premier dvd qui rendent ces bonus réellement des… bonus.

Arrive le gros bémol de ce dvd : aucune traduction n’est disponible. Mis à part les sous-titres en Anglais et Japonais (pratique !) pour le documentaire, il est difficile d’imaginer quelqu’un de non anglophone prendre du plaisir à regarder le tout.

NOFX, et plus précisément son frontman Fat Mike, a toujours été considéré par les kids et même les groupes comme le groupe avec lequel on rêverait de trainer. Je n’invente rien, Thomas de Streetlight Manifesto [url=http://www.visual-music.org/interview-109.htm]le confie[url] même à notre [url=http://www.visual-music.org/visualteam.htm]Hilikkus[url] national : ‘Je suis sûr que tout le monde cherche à entrer en contact avec lui, il doit être difficile à approcher’. Avec ce DVD c’est chose faite, on a envie d’aller boire une bouteille avec Kent, de se rendre dans des clubs SM avec Jay (roadie aussi habillé que le chanteur de Bring Me The Horizon) et faire du Breakdance avec El Hefe. Car NOFX n’est pas seulement un quatuor qui fait du punk, c’est surtout une grande bande de copains qui s’éclate comme s’ils avaient 16 ans. On se sent plutôt ridicule quand on se retrouve face à eux dans un Bataclan plein à craquer à avoir envie d’aller leur parler de cette énorme aventure. Une chose est certaine, ce objet est unique et d’autant plus indispensable pour tout fan de punk-rock qui veut s’évader pendant quelques heures.