Avec 25 années d’activité au compteur, un statut bien ancré de groupe culte et a priori assez de thune en banque pour se la couler douce, NOFX aurait pu se contenter cette année de sortir son (excellent) DVD [url=https://www.visual-music.org/chronique-1072.htm]Backstage Passport[url], avec en bonus une tournée européenne. Mais non, les californiens sont apparemment survoltés et avides d’actu fraiches. Ils nous gratifient d’un onzième album, ‘Coaster‘, et ils ne semblent pas disposés à se reposer sur leurs vieux succès tels de vulgaires Offspring.

Ça démarre en trombe avec ‘We called it America‘ aux paroles virulentes et au refrain fédérateur. Pendant un instant, on se demande si on ne s’est pas planté d’album: on jurerait du Bad Religion. Mais pas de panique, NOFX reste fidèle à lui même sur ce ‘Coaster‘. On retrouve leur skate-punk qui a fait leur légende (‘The quitter‘) et leur punk rock mélodique reconnaissable entre mille – et Dieu sait qu’il est difficile d’imposer son style quand on parle de punk (‘Suits and ladders‘). On se dit qu’on va avoir droit a un album de NOFX classique, certes bon, mais sans éclats. En même temps, ça aurait été toujours cela de pris.

Pourtant, s’il n’a rien de révolutionnaire (loin de là), ‘Coaster‘ réserve quelques excellents moments et même des surprises. ‘My Orphan year‘ renferme une alchimie quasi parfaite entre la délicatesse et l’urgence. Un petit bijou de sobriété. Moins sobre, ‘I’m an alcoholic‘ révèle d’étonnants accents jazzy, le tout enrobé d’un joli message de santé publique sur l’utilisation couplée d’alcool et de drogue. Les anglophones se marreront encore plus sur l’outrancière balade ‘Creeping out Sara‘ malgré une compo pas très inspirée. ‘Blasphemy‘ se dote d’un refrain qu’on devrait apprendre au catéchisme, et ‘Eddie, Bruce and Paul‘ s’impose comme le meilleur moment de l’album tant au niveau du texte sarcastique que de l’instru inspirée par le métal des années 80 (*). C’est un véritable festival de riffs, de rythmes à la double pédale et de solos habiles le tout avec la concision du punk. Le pied !

Oui, d’accord, tout n’est pas parfait. 2-3 titres sont d’un classicisme lénifiant. Le reggae de ‘Best god in show‘ sent un peu le moisi. Mais cela ne saurait éclipser la performance de NOFX, qui s’est fendu d’un album inspiré, énergique et parfois surprenant, à l’image de ‘One million coaster‘ concluant cet opus, dont la structure ambitieuse rappelle aux bons souvenirs du mythique ‘The decline‘.

(*) Les trois du fond qui ont évoqué un rapprochement avec Sum 41 iront ranger ‘Does this look infected‘ avec le reste de leur adolescence ingrate. Le jour où Sum 41 sera capable de composer un titre de l’envergure de ce ‘Eddie, Bruce and Paul‘, il pleuvra de la merde.

2 titres sont téléchargeables sur le site de Fat Wreck, ou tout simplement sur [url=http://www.fatwreck.com/record/detail/737]cette page[url].