Riff ultra-basique, rythmique martiale, refrain catchy, attaques faciles envers les États-Unis et la religion… En offrant ‘We’re From America‘ aux fans, histoire de les faire patienter jusqu’à la sortie de ‘The High End of Low‘, Marilyn Manson a éveillé l’excitation de ses anciens et actuels admirateurs, avec un titre transpirant la facilité mais rappelant ce bon vieux Révérend du siècle dernier. De plus, le retour de Twiggy Ramirez est annoncé. Le retour du grand Marilyn Manson, enfin ? NEIN ! Une fois dans la platine, le septième album du cirque de Brian Warner sonne comme une longue, longue complainte, lymphatique et pénible. Seuls la déjà citée ‘We’re From America‘, éphémère montée d’adrénaline grasse et industrielle, et ‘WOW‘, étonnant ovni synthétique aux frontières du hip-hop, relèvent le niveau de cet incontestable raté. Le single choisit pour défendre l’album est caricatural au possible (‘Arma-Goddamn-Motherfuckin-Geddon‘), tandis que l’ex-cauchemar de l’Amérique fait parfois preuve d’une mièvrerie extrême (‘Running to the Edge of the World‘), dont les prémices étaient perceptibles dans ‘Eat Me, Drink Me‘. C’était pas la peine de rappeler Jeordie White pour pondre un truc de la sorte. Cependant, la bande a eu le mérite de ne pas succomber aux sirènes du mainstream : par leur médiocrité, la plupart des morceaux de ce ‘The High End of Low‘ demeurent difficiles d’accès.

Dans une Amérique obamienne pleine d’espoir, le maquillage de Marilyn Manson ne fait plus peur. Et le pire, c’est que sa musique, désormais faible et peu inspirée, n’arrive même plus à justifier son grand-guignolisme. En 2009, chez l’Oncle Sam, le subversif est représenté par des filles comme Lindsay Lohan ou Britney. Le Révérend, lui, ne choque plus. L’entité Marilyn Manson n’a donc plus lieu d’être. Tchao, pantin.