A l’heure où, en France, les riffs syncopés from le bas du manche font les beaux jours de la frange la plus efféminée du metal hexagonal, Riktus déboule avec ‘Devotion‘ et son metalcore old-school (oui, c’est possible). D’un autre côté, en arborant fièrement sur les photos promo’ un t-shirt Coal Chamber, une casquette même pas estampillée New Era, des boucs et des dreads, on ne peut pas transpirer la hype — coucou la scène parisienne !

Riktus tape, envoie, vrombit. Et même quand ça va chercher dans les mesures posés et autre chants clairs, ça ne sonne pas gay. Comme pour se faire pardonner d’avoir calé des violons sur ‘Nothing Left to Prove‘, les lorrains balancent à la suite la track la plus barrée de l’album, ‘Kandahar‘, hargneux coup de lapin sonore. Les tonalités sont graves, la violence certaine. Une influence évidente ? Killswitch Engage. La grandiloquence ricaine en moins. Riktus, c’est la classe ouvrière du metal, un bordel interprété avec les tripes, un concentré de nervosité où le ‘LOL’ (rictus, rire : allez, rigole) n’a pas sa place. Dommage que l’ensemble soit relativement conventionnel mais, au vu de la solidité des compositions -à l’image du titre éponyme, imparable-, ‘Devotion‘ séduira sans aucun doute les amateurs de metal lourd et compact.