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Dure est la loi du métal, à peine un groupe a-t-il le temps de déployer ses ailes, de vomir son mal-être qu’il est déjà taxé d’avoir vendu son âme au music business à peine la notoriété pointe le bout de son nez. Parfois les allégations sont plus ou moins justifiées mais qui peut vraiment jeter la 1ère pierre, peut-on rester absolument énervé tout au long d’une vie ou d’au moins une carrière ? Pour certains quand la ‘badass attitude’ devient profession de foi, l’évidence est là mais que vouliez-vous attendre de 5 rednecks réunis par l’amour d’une musique extrême bien faite ? Que pouvait-on attendre de ces 5 mecs que la faciliter effraie ?
Lamb Of God a préféré ce coup-ci délaisser le gourou métallique de la 4ème dimension Machine et son son lisse (mais jouissif accordons-nous à le dire) pour un retour à l’aide de camp de toujours Josh Wilbur, pour un retour aux sources (chimère tant de fois brandie dans le monde du métal) qui avait laissé les fans dans l’expectative. Et puis ce titre d’album qui en disait long en un seul mot ‘Wrath‘. Somme toute, Lamb Of God ne se réinvente pas foncièrement mais revient sur ses fondamentaux en rebrassant sa propre mythologie à l’image d’un ‘In Your Words‘ au son de caisse claire un peu garage (sur ‘Set To Fail‘ on se demande même s’il n’a pas repris les mêmes bidons qui ont servi à enregistrer ‘St Anger‘) qui a des relents de ‘New American Gospel‘, des plans barrés à la ‘As The Palaces Burn‘, du gros riff à la ‘Ashes Of The Wake‘ et le côté travaillé et construit de ‘Sacrament‘.
Tout est là, plus énorme que jamais, chacun des membres envoyant la purée sonore comme il se doit avec en 1ère ligne Chris Adler, le coeur palpitant de la bête et dont l’originalité dans les paternes et la rapidité à blaster tout ce qui bouge ne sont jamais démentie : les blasts courts mais fulgurants sur ‘Set To Fail‘ et ‘Dead Seeds‘, ce petit scintillement de cymbales sur ‘Grace‘. C’est d’ailleurs sur cette dernière où on sent que le type fait la différence sur la répétition d’un même riff (certes couillu), il amène véritablement un break à vous donner envie de vous casser en 2. Moi je l’imagine juste se fendre la poire de derrière ses fûts et sa longue barbiche sur les titres les plus speedés. John Campbell tire vraiment bien son épingle du jeu et prodigue des lignes de basses à ne plus vous quitter le creux de l’oreille (les fins de ‘Contractor‘ et ‘In Your Words‘). Will Adler (le petit frère de) et Mark Morton allient la technique et le viscéral, leurs riffs balancent une certaine forme de redneckitude tel que le métal U.S. sait si bien faire, qu’il s’agisse de parpaings de 12, de salves de mitrailettes, de sournoiserie (‘Fake Messiah‘), de fiévrieux (‘Choke Sermon‘), ces 2 là le font méchant. Une préférence va personnellement vers Morton pour son aptitude à amener le petit plus d’âme aux morceaux et qui peut prendre par exemple la forme d’une guitare sèche ouvrant le dit album (‘The Passing‘) et ‘Reclamation‘, morceau de bravoure qui suite une lente et écrasante moiteur électrique d’un crépuscule orageux sur l’embouchure du Mississippi envahie par la mangrove.
Last but not least dans la bande, ce hurleur de Randy Blythe est encore une fois phénoménal. En constante progression dans le registre de l’interprétation, le type ne s’embarrasse de chant clair ou autres effets de style à la mode, ce bulldog humain reste encore et toujours frontal en réussissant à imposer sa marque personnelle et tonitruante, on ne citera qu’un exemple avec sa manière d’éructer ‘Fake messiah‘ sortant des sentiers battus mais qui est paradoxalement presqu’automatiquement scandable. Il a définitivement plus que l’étoffe d’un grand, c’est un grand frontman.
L’impression que me laissaient les 1ères écoutes de ce ‘Wrath‘ est à présent une évidence à mes yeux, Lamb Of God a repris le flambeau que Pantera avait laissé tombé en se séparant. Démarche, attitude, talent, redeneckitude, envie d’y aller, notoriété, ils sont désormais leurs égaux (avec un guitariste en plus) ce qui est d’autant plus excitant en se demandant jusqu’où ils pousseront le bousin et vers quels rivages inconnus ils nous feront voguer.