Votre mot de passe vous sera envoyé.

Voguant dès leurs débuts à la croisée du hardcore, du punk et de l’emo (à l’époque où le terme n’était pas encore une insulte), ce 4ème album de 36 Crazyfists ne diffère que peu du plan de route déjà établi par les précédents opus et à défaut de la recherche d’une folle originalité poignante, le groupe est loin d’atteindre les 36èmes dessous [Got it ?] défendant cette identité sonique propre et peu commune qu’il est toujours agréable de se recaser dans le coin de l’oreille.
Le trémolo de Brock Lindow, à la limite d’une mièvre pleurnicherie, fait toujours son petit effet et n’ayant rien d’un naze, Brock donne encore dans le raclement de ses cordes vocales de manière tout à fait satisfaisante et cathartique. Le reste oscille entre un hardcore sautillant et rentre dedans à l’image du titre d’ouverture ‘The all night lights‘, des plans un peu plus groovys et lourds (‘Clear the coast‘) ou bien encore rapides et circlepitables (‘Absent are the saints‘), on touche même un hardcore n’ roll qui sait se faire rageur par instants sur ‘We gave it hell‘. Les mosh parts planquées en embuscade ça et là sont absolument jouissives et viennent bien enfoncer le clou, aspect non négligeable à mes yeux face à des titres plus lights tâtant dans le punk/emo (‘The black halow road’), ou bien punk n’ roll (‘When distance is the closest reminder‘ et son petit passage écrasant tout de même), avec des refrains un peu plus convenus mais qui fonctionnent relativement bien (‘Waiting on a war‘).
Le bon exemple de toute cette navigation entre 2 eaux serait ‘Vast and vague‘ alliant douceur et vigueur, légèreté et lourdeur progressant sous tension. L’album se finit gentiment avec le tendrement puissant ‘Northern november‘ auquel ‘The tide and its takers‘, ballade à la guitare sèche façon feu de camp, lui emboite le pas pour vous faire faire de beaux rêves.
Mini OVNI, ‘Only a year or so…‘ apporte peut-être le plus d’originalité l’album en mettant en scène un dialogue, une correspondance entre une femme et son marin-artiste de mari qui se manquent l’un à l’autre. OK vous allez me dire que le thème du rockeur itinérant à qui son bébé d’amour lui manque tellement qu’il pourrait mourir d’amûr, c’est du vu et revu pourtant ici le fait de placer le dit bébé d’amour en 1ère ligne change intelligemment le point de vue de l’histoire.
Si en tout cas, les mecs de 36 Crazyfists se sentent l’âme du marin et afin de palier la carence en femme, je ne saurais trop leur conseiller de boire du Cul en espérant qu’ils trouvent bon port sur la route de la longévité.