On pourrait prendre Staind, jeunes poulains de Mr Durst de Limp Bizkit et ayant pourtant à leur actif deux albums, comme un de ces vulgaires groupes de néo-métal embarqués malgré eux par un des grands patrons de cette vague, et voués à vous balancer une musique lourde pour plaire aux ‘kids‘, avec la petite touche personnelle, histoire de dire qu’on est pas comme les autres, na ! Eh bien il n’en est rien. Ou presque. Mais une écoute attentive de ce dernier opus de Staind pourra vous empêcher de douter : oui, Aaron Lewis et ses potes ne sont peut-être pas des génies de la création musicale et poétique, mais putain qu’est-ce que c’est que cette claque que je viens de recevoir dans la g… ?

En une petite heure le combo américain tape juste et très fort : riffs énormes et voix suppliante du chanteur (leur recette classique, mais bon dieu que c’est bon!!) sur ‘Open Your Eyes ‘ou ‘Pressure‘, tueries du genre sur ‘Can’t Believe ou For You‘, passage presque obligé de la ballade heavy sur ‘Outside‘ ou ‘It’s Been A While‘ (un aspect de Staind assez ‘commercial’ mais terriblement efficace), le groupe assure et colle l’auditeur en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Certes, il faut rentrer dans le trip depréssivo-paranoïaque du frontman à la prestation quasi-statique en live Aaron Lewis, et cela peut en rebuter beaucoup malheureusement, mais dès qu’on se retrouve pris par cette voix mélodique et très pathétique (aie, oui c’est le mot, mais pas de pitié dans tout ça), on aime Staind. Pour ce cri de rage qui se démarque un peu de ses confrères actuels, pour ces riffs implacables, pour ces moments d’émotion pure qu’on partage un peu, ou beaucoup. C’est ça ‘Break The Cycle‘, et ça fait du bien.