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« Don’t tell me I’ve lost when clearly I have won » chante Courtney Love sur la chanson titre de ce nouveau Hole et c’est un peu le sentiment qui émane de ‘Nobody’s daughter‘, un album qu’on n’a avait pas prévu d’aimer aussi… sincèrement. D’autant plus qu’il débute par une déception personnelle. Il y a un an ont filtré les démos de ce qui était à l’époque le second album solo de Courtney Love, et parmi ces démos (certaines tellement travaillées qu’on imagine clairement que le terme démos y a été accolé pour minimiser le leak) se trouvait la chanson ‘Nobody’s daughter ‘, probablement l’une des toutes meilleures choses de Courtney Love, lente, langoureuse, désespérée et vraiment très touchante. Aujourd’hui, seul le titre est resté, la chanson est une autre et aussi réussie soit-elle, on ne peut s’empêcher d’y aller à coups de « et si… ».

(Premier paragraphe dont le seul but cher lecteur est de te faire cliquer [url=http://www.youtube.com/watch?v=pQWdaSTqwHk]ici[url])

Retour en arrière. Les démos laissaient entendre un album très dépouillé, très acoustique de Courtney Love. L’album de Hole (enfin de Love sous le nom de) qui sort ces jours-ci est un vrai disque de rock assez furibard, le disque de gens n’ayant écouté aucun album sorti après 1997, une vraie madeleine pour les nostalgiques des années 90. Tellement régressif que le premier extrait ‘Skinny little bitch‘ a fait hurler de rire, pour oser sortir ce genre de single outré estampillé 1994 en 2010, il faut soit être très cynique et n’avoir d’autres ambitions que de rameuter le trentenaire dégarni en monospace, soit être complètement débile. A ce moment-là, Courtney avait perdu d’avance.

Cependant l’écoute de ‘Nobody’s daughter‘ nous a fait une tout autre impression, nous a livré une tout autre réponse : Courtney Love est sûrement un peu cynique mais elle n’est pas débile, elle est simplement une personne sur qui la vie a fait des ravages. Et ça a toujours été le cas. En prenant un peu de hauteur par rapport à la controverse liée au personnage, ce qui on l’admet volontiers n’est pas toujours aisé cette chronique n’y échappera pas (voir plus bas), impossible de nier qu’elle a ce que peu ont : une personnalité. Et à ce petit jeu, Courtney Love a gagné d’avance tant son propos, qu’on l’apprécie ou pas, a une vraie existence, une vraie substance, ce qu’on ne trouve pas chez, tout à fait par hasard, les Foo Fighters. Et la substance de ‘Nobody’s daughter‘ est la douleur. Ce disque lui ressemble, c’est Courtney Love plus forte que tout le reste.

Ce nouvel album est celui que Hole a oublié de sortir entre ‘Live through this‘ et ‘Celebrity skin‘, à mi-chemin entre la saturation poisseuse et rageuse du premier et le rock hollywoodien classe mais creux du second. Et des bonnes chansons s’il vous plait. Avec d’un côté les ‘Loser Dust‘, les ‘Skinny little bitch‘ et l’hallucinant titre à tiroirs ‘Samantha‘ (meilleure chanson de 1994) et de l’autre les ‘Nobody’s daughter‘, ‘Honey‘ ou encore l’excellente suite du ‘Malibu‘ de 1997, ce ‘Pacific coast highway‘ qui ne nécessite pas de grandes facultés d’analyse pour deviner à qui il est adressé. Les hics de ‘Nobody’s daughter‘, car il ne faut pas déconner quand même, sont toutefois les suivants : puisque ce disque ressemble à son auteur, on ne peut s’empêcher d’aller fouiner vers le qui a fait quoi et de voir qu’à l’instar de ‘Celebrity skin‘ les meilleures choses sont cosignées Corgan ou Larkin. Puisque ce disque ressemble à ses auteurs, les chansons cosignées Linda Perry sont souvent indigestes (‘For once in your life‘, ‘Letter to God‘… toute la deuxième moitié en fait) et si le chant outré de Courtney fonctionne bien sur les moments rock, sa sale manie d’en faire des tonnes ruine les morceaux calmes ou contemplatifs, à cet égard on frôle la catastrophe sur ‘Pacific coast highway‘. Puisque ce disque ressemble à ses auteurs, la logorrhée d’écriture de Courtney n’est que rarement canalisée, toutes les chansons ou presque ont un pont en trop, un couplet en trop, un refrain en trop, voire une existence en trop… D’où un disque par moments fulgurants, souvent convaincant mais au final à moitié réussi seulement toutefois l’important est qu’on retrouve sur ‘Nobody’s daughter‘ la force qui a fait de ‘Violet‘ ou ‘Miss World‘ des mini-classiques, et la classe de titres comme ‘Malibu‘ ou ‘Dying‘. Courtney Love a réussi là où Axl Rose a échoué : elle a redonné vie à sa musique et c’est déjà énorme lorsqu’on contemple le freakshow qu’est devenu sa vie.

On se surprend donc à écouter la première moitié de ‘Nobody’s daughter‘ en boucle, à approuver à fond les « people like you fuck people like me in order to avoid suffering/agony » de ‘Samantha‘ ou les « miles and miles of regrets » de ‘Pacific Coast highway‘. Un trip proustien ? Même pas, juste un disque avec deux ou trois putain de bonnes chansons qui parvient à battre à plates coutures le cynisme en nous.

PS : on nous souffle dans l’oreillette : Oubliez Hole. Pensez [url=http://www.myspace.com/analena]Analena[url].

[url=http://www.myspace.com/analena]A-NA-LE-NA[url].