Si les canadiens de Holy Fuck ont sorti en 2008 un disque éponyme tout à fait bonnard, qui condensait electro, math-rock, kraut-rock en une jam hypnotique, c’est en live (aux Eurockéennes par exemple) qu’ils ont fait monter la sauce et mouillé plus d’un t-shirt sur leurs petites machines (des férus de vieux claviers Casio).

On en arriverait presque à dire que Holy Fuck sur cd, c’est assez dispensable car un brin répétitif, et manquant de mélodies fortes. La problématique de Latin est donc: Holy Fuck vaut-il plus qu’un concert de festival avec un public bourré ?

C’est kif kif: ‘Red Lights’, ‘Stay Lit’ ennuient rapidement et s’avèrent pauvres en progression, tandis que ‘Latin America’ et ‘Silva & Grimes’ foncent comme des fusées et donnent une sale envie de sautiller ou même head-banger. Une première partie de disque plutôt planante qui sera court-circuitée par un titre assez phénoménal du nom de ‘SHT MTN’, aux accents indus, martial et qui va droit au but (2min55 chrono).

Le deuxième acte de Latin se révèle beaucoup plus excitant et héroïque, avec la tornade rythmique ‘Stilettos’ et sa basse parkinsonienne, le mega-coolos ‘Lucky’, son break de batterie et ses scratchs aux différents tons, et enfin ‘P.I.G.S’ qui fait saturer les claviers vintage toujours sur un groove implacable.

On l’avouera, rien de nouveau dans ‘Latin‘, Holy Fuck continue de jouer sa musique ‘au feeling’, quelques fois c’est jouissif (la progression de ‘Latin America’ ou ‘P.I.G.S’ fout des frissons), quelques fois on demande remboursement (‘Red Lights’ qui tourne autour d’un riff de basse, ‘Stay lit’ autour de trois notes au clavier).

L’histoire de se répéter, on précise qu’ils ne sont jamais meilleurs qu’en live, mais que Latin vaut aussi le coup d’oreille. Quelle guimauve je fais…