Si c’est la mode en ce moment dans le rock en général de mélanger les styles pour trouver quelque chose d’inédit, Avenged Sevenfold est l’exemple parfait de cette tendance. Ce tout jeune groupe de cinq Californiens n’en est tout de même pas à son coup d’essai puisqu’à ‘Waking The Fallen‘ ont déjà précédé une demo et un autre album bien remarqués. Alors Avenged Sevenfold ou A7X comme ils aiment à se nommer eux-même, qu’est-ce que c’est ? Avec un nom de groupe et d’album comme ça et cette profusion de têtes de mort c’est forcément du death ? Et bien non et c’est justement ce qu’aime faire le groupe : casser des clichés.

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas du death dans cet album car il n’y a pratiquement pas une seule variante du rock qu’on ne trouve pas dans ces 12 titres. En effet ces 5 musiciens ont réunis toutes leurs influences pour composer des morceaux d’une compléxité plutôt agréable, passant aléatoirement de l’émo au death, ou d’un gothique bien saturé à de l’acoustique sans aucune difficulté et sans aucun accrochage. Ca passe tout seul et semble au final couler de source. Le tout reste dans un esprit un peu punk, un peu trash, dans la veine hardcore, privilégiant l’intensité à la technicité même si sur ce point il n’y à rien à redire. C’est juste qu’on sent bien que la musique sort instinctivement et que l’ensemble n’est pas carré et ne doit pas l’être. Mais le problème c’est que tout ça n’a en fait, quand on y réfléchit bien, rien de nouveau. Les mélodies, au bout du compte pas si travaillées que ça et les lead pourraient souvent être attribuées à un In Flames en manque d’inspiration. Le mélange des styles, même poussé à l’extrême comme ici, à déjà été tenté et même réussi auparavant par des groupes comme Atreyu ou Evergreen Terrace qui, pour ces derniers, réussissaient à passer plus d’émotions dans leur musique en versant encore un peu plus dans le punk. La voix également, même si on ne peut pas dire qu’elle n’est pas magnifique, rappelle trop souvent lorsqu’elle est chantée certaines intonations directement empruntées à Metallica. L’alternance mélodique chanté/bourrin gueulé sonne également parfois comme un peu trop pompée sur du Ill Niño et compagnie chez qui on trouvait aussi ces passages acoustiques du plus bel effet.

Alors après quelques écoutes on commence à se dire que ça sent quand même pas mal le réchauffé. C’est sur qu’il y a un talent de composition qu’on ne peut pas nier mais on a du mal à trouver une âme à cette musique, tant elle part dans toutes les directions. Tous les effets superflus bien fignolés à la pop-rock ne collent pas à l’esprit underground qu’on a essayé de donner à cet album. On ne peut pas aller jusqu’à dire que ça sonne commercial, loin de là, mais même avec leurs envolées mélodiques épiques, les titres ont du mal à entraîner l’auditeur et à lui faire ressentir quoi que ce soit. Cet album est donc incontestablement un album de qualité, mais le problème est qu’il se laisse écouter, sans plus.