On va mettre le pied dans le plat tout de suite. Le problème avec Tricky, c’est qu’on dit toujours ‘c’était mieux avant…‘ Ce qui tombe mal puisque la référence reste ‘Maxinquaye‘, qui est sorti il y a un bon petit moment déjà… Donc dans tous les cas, l’avis est biaisé et on sera déçu. Ce qui est dommage car sa discographie a quand même quelques albums rudement efficaces, mais ‘Mixed Race‘ ne laissera pas un souvenir impérissable pourtant…

Adrian Thaws a voulu que cet album ressemble à la musique qu’il écoute chez lui, ce qui explique ainsi la diversité des styles présents. Ça passe par du blues (‘Every Day‘), du jazz (‘Early Bird‘, ‘Come To Me‘), du raggae (‘Bristol To London‘) … et même raï (‘Hakim‘). Il dit qu’il a fait un album qui lui ressemble (Oups !), et le résultat aurait pu être une grosse réussite… Hélas c’est loin d’être le cas. Tout au long de cette (très courte) écoute, on a l’impression que Tricky a pioché des morceaux qu’il appréciait, ce qui est compréhensible, car la plupart des samples utilisés sont bien excellents (à condition bien sur d’être fan de musiques qui datent). Mais le problème est que la plupart du temps, on a la trop grosse impression qu’il a laissé tourner le CD, qu’il a posé sa voix (ou un des nombreux guests s’en est chargé) et un son pour donner l’impression qu’il a retravaillé le morceau. Grossière erreur ! Car si l’aspect festif est bien présent, dansant et aurait pu devenir un classique des musiques à passer en soirée (‘UK Jamaican‘), on reste très vite sur notre faim, et cette impression de se faire chier au fur et à mesure de l’écoute n’aide pas.
J’ai beau chercher quels morceaux sortent du lot, aucun ne me vient en tête immédiatement. Pourtant certains titres remuent bien (‘Ghetto Stars‘, ‘Murder Weapon‘), mais là encore, passé les premières écoutes, on se lasse très vite du flashback musical.

Au final, ce qui choque le plus, c’est à dire la durée de l’album, qui n’atteint même pas la demi heure en dix chansons, est finalement un bon poing (bien tendu le poing). Peut-être que s’il avait été plus long, il aurait été plus dense, plus recherché, mais pour le coup on est bien content qu’il se termine. Ce qui arrive à chaque fois très très vite, et c’est pas plus mal.