Si ‘Brave New World‘ avait redonné une certaine crédibilité à Iron Maiden en ce début de millénaire, beaucoup étaient en droit de se demander s’il ne s’agissait pas d’un ‘one shot’, pour retomber par la suite dans la médiocrité qui les caractérisa au cours des années 90. C’est donc après trois années bien remplies que les 6 Britanniques ont donné une suite au petit joyau métallique sorti en 2000. Alors, ce ‘Dance of Death‘ à la pochette hideuse rappelant une scène d’Eyes Wide Shut va-t-il propulser Iron Maiden au fond du trou, ou au contraire parfaire la légende d’Edward, sa célèbre mascotte ? Lisez la suite pour faire cesser le suspense insoutenable !

Le treizième opus de a ‘Vierge de Fer’, produit par Kevin Shirley (Aerosmith, Silverchair) s’ouvre par un single qui n’a pas fait l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire… ‘Wildest Dreams‘, qui dure à peine 3 minutes 52, est un morceau sans originalité, calibré pour les radios et ne possédant vraiment pas le côté épique des plus grands morceaux de Maiden. Heureusement, la suite s’annonce beaucoup plus réjouissante pour les amateurs d’envolées guitaristiques… ‘Rainmaker‘ possède déjà ce côté plus sérieux, et ce son de guitare flirtant dans les aigus bien connu des fans. Les soli s’enchaînent, chacun des guitaristes évoluant dans son propre style (la vitesse pour l’un, la mélodie pour l’autre). Bruce Dickinson fait des merveilles sur le refrain, sa voix sonnant aussi bien qu’il y a 20 ans de cela. Mais comment fait-il ?!!

No more Lies‘, avec sa longue introduction mêlant guitare claire et claviers, change brutalement de style pour partir sur des rythmiques bien heavy, au rythme des fûts d’un Nicko McBrain très carré ! Les soli à rallonge sont à nouveau de toute beauté, envoûtants, prenants… Iron Maiden nous emmène dans son propre univers musical, souvent imité, mais jamais surpassé ou même égalé. Peu à peu, le tempo se fait plus lent, pour finalement déboucher sur un retour de la mélodie de départ : un classique, aucun doute à ce sujet ! ‘Montsegur‘ figurera également sur les prochains best-of du groupe, c’est une certitude ! Possédant elle aussi ce caractère épique et ce gros son de basse, elle s’emballe au bout de 4 minutes, les guitares sonnant dans la même tonalité que la voix de Bruce. Pourtant, on n’a encore rien vu : le meilleur est en effet à venir. ‘Dance of Death‘, le morceau-titre de l’album, explore de nouvelles contrées (c’est suffisamment rare chez Iron Maiden pour être signalé !). Si l’intro très calme sonne dans le style de ‘Brave New World‘, le groupe n’hésite pas à partir dans un trip celtique totalement inédit et inattendu ! Bruce s’arrache la voix, monte dans les aigus sans peine, alors que les 3 virtuoses du manche en bois se répondent magistralement. En écoutant ces 8 minutes de folie, on ne peut que se demander où était passé le vrai Iron Maiden depuis 1988 ! Comment ont-ils fait pour sortir autant d’albums moyens, alors que la plupart des morceaux de ce ‘Dance of Death‘ sonnent divinement bien ? Un mystère…

Bon, je vais pas non plus vous faire le coup de l’album parfait, vu que ce n’est pas le cas : des morceaux assez moyens sont également présent sur ce CD Copy Controlled (un des premiers qui aient été protégés). ‘Gates of Tomorrow‘ est ainsi le maillon faible de l’album. Sans être foncièrement mauvaise, elle manque trop d’originalité, et ne parvient pas à se faire une place parmi les autres tueries du skeud (enfin c’est normal, vu que Janick Gers a participé à sa composition !). Nicko McBrain a beau avoir participé pour la première fois à l’écriture d’un morceau (c’était pas trop tôt !), ce dernier (‘New Frontier‘) n’en est pas pour autant un chef d’oeuvre !

Après ces 2 morceaux peu palpitants, Iron Maiden revient à son meilleur niveau. Je vais pas vous faire un dessin : ‘Paschendale‘, composée par Messieurs Adrian Smith et Steve Harris (l’âme de Maiden), vaut à elle seule l’achat de l’album ! Son intro envoûtante (ahhhh ce son de guitare !), son refrain entêtant, et son solo qui monte crescendo en font un classique absolu ! ‘Face in the Sand‘ sonne quant à elle comme ‘Blood Brothers‘, pour s’emballer par la suite sur un gros rythme mettant en avant la double pédale (!!!) et la basse de Steve Harris. Ce morceau s’achève par des ‘Hoooo ho hooooo‘ qui n’étonneront personne (oui, Bruce Dickinson rivalise avec le Père Noël, ça vient de tomber).

Après 10 longs morceaux des plus détonants, le groupe achève sa danse de la mort par une ballade acoustique des plus inhabituelles. ‘Journeyman‘ montre que la machine Maiden peut rester parfaitement crédible, malgré l’absence de guitares électriques. Sur fond de violons apportant une réelle densité au morceau, ‘Journeyman‘ clôt cet album de manière très intimiste, sans faire tâche par rapport au reste du CD.

Finalement, le seul reproche que l’on puisse faire à cet album, c’est qu’il n’est qu’une version améliorée de ‘Brave New World‘. Nombreuses sont les chansons à démarrer sur des petites mélodies dignes d’un ‘Blood Brothers‘. Néanmoins, avec ce ‘Dance of Death‘ paru 27 ans après leur formation, Iron Maiden retrouve la qualité d’écriture qui était la sienne au cours des années 80. ‘Brave New World‘ n’était donc pas un accident de parcours, mais bien le renouveau annoncé d’un groupe de légende. Iron Maiden prouve ainsi aux petits jeunes qu’ils sont encore là, et pour longtemps !