Riffs incisifs, hurlements acérés, peaux de batteries éventrées et passage obligatoire devant le miroir à headbanguer devant le miroir avec un peigne à la main, micro du pauvre à 7 heures du matin : voilà ce que nous réserve cet album … Ah merde, me suis planté d’album, apparemment, j’écoute le nouveau Limp Bizkit amputé de ce qui définissait le groupe : une casquette NBA collée à la glue à la tête de Fred Durst, son micro et ses lyrics crachées et surtout, son guitariste Wes Borland bien décidé à arrêter le néo-métal / rap core. Bon, je me réécouterai l’album de Soilwork une autre fois.

Fermons les yeux, imaginons le monde qui nous entoure en noir et blanc à l’époque où Limp Bizkit faisait figure d’icône du genre. Sorte de monstre sacré à qui bon nombre de groupes leurs devaient ce qu’ils étaient devenus. On est encore en 2003 où on ose espérer que le successeur de ‘Chocolat Starfish And The Hot Dog Flavored Water‘ risque d’être à nouveau affiché à coup de tipex sur les sac à dos Eastpack © à la sortie des bahuts. Mais ça, c’était avant que Wes ne décide de lâcher sa gratte chez les biscuits mous et partir suivre sa propre voie. A l’époque, on osait quand même espérer qu’il serait facilement remplacé, après tout, s’il a grandement participé au succès de cet album, ses notes auraient facilement pu être reprises par un autre en ce qui concerne les précédents albums. Alors on espère et le groupe aussi, s’ensuit alors une folle Rock Academy géante sur les territoires américains. Qui sera le prochain guitariste génial de Limp Bizkit ? Réponse : personne. Personne ne semble décidément à la hauteur des espérances du géant chauve américain, serial lover par occasions. Mais on compte sur nos espoirs infondés que Fred peut rattraper le coup. Après tout, même si un gros travail avait été fait pour faire croire qu’il savait chanter, il pourrait quand même se débrouiller tout seul le lascar. Mais là, les quelques démos de l’album tant attendu débarquent sur le net… L’hécatombe. Même les fans crachent dessus, même la maison de disque qui renvoie le groupe en studio pour pondre quelque chose de ‘plus travaillé‘.

Voilà on réouvre les yeux, on repasse le tout en couleur, on est en fin 2003, les eastpacks taggués existent toujours mais Limp Bizkit a été rayé au feutre Veleda © tandis que les autres défenseurs du groupe slaloment entre les jeters de pierre continus. L’album est déjà sorti depuis belle lurette et on sait déjà à quoi s’attendre pour la prochaine venue du groupe…

Autant aller droit au but : cet album, c’est pas du Limp Bizkit. Du Fred Durst peut-être, mais sûrement pas un album tel que pouvais nous pondre un groupe comme Limp. Fini l’attitude bboy, fini les caissons de basses qui explosent sous les gros fûts, fini les lyrics rappées propres à Fred, fini les notes aiguës et tant appréciées de Wes Borland. Même si le début nous laisser espérer que ça ne serait pas si mauvais, une intro classique annonçant une couleur qui n’arrivera jamais, un single puissant où la voix de Fred est mise en avant, on est loin, très loin de ce qui avait pu se faire avant. Entre les refrains prenant les trois quarts des chansons très rapidement -et a fortiori- répétitifs, entre les mélodies baladeuses et douteuses, entre les feat. en compagnie de Snoop Dog le temps d’une chanson qui ferait rigoler n’importe quel aficionados du genre, on peut cependant trouver quelques chansons qui auraient pu être appréciées. Par exemple ‘Phenomenon‘ et le retour des scratchs et d’un flow bien entraînant, un sample appréciable et original. Mais non, la sauce ne prend pas sur moi, il a fallu qu’un imbécile de directeur artistique ait la bonne idée de changer cette track en ce qu’elle n’aurait jamais du être à la trentième seconde de la deuxième minute : de la bonne soupe néo métal FM (‘Build A Bridge‘). Même Crazy Town baisse le regard. Mais là où ce fameux DA ne s’était pas trompé, c’est que la reprise du break nous fait partir de plus belle… pour seulement quelques secondes, et nous voilà déjà dans la chanson suivante. Mais il y aura quand même ‘Gimme The Mic‘ et son accélération presque punk qui nous propulseront une petite dose d’adrénaline.

Malgré tout cela, les mélodies ne sont pas non plus les plus bidons et passent facilement en fond et il faut bien avouer que Fred semble tout faire pour rendre le tout accrocheur comme dans ‘The Only One‘ : on est bien dans un monde poppisé coloré de rose où le type à la casquette nous compte ses histoires amoureuses sous de fausses allures de mauvais garçon à base de ‘Ooh, yeah, com’on‘, et dans ce genre là, à priori, ‘Results May Vary‘ remplit bien le contrat.