Manimal… que de souvenirs… A l’évocation de ce nom, on ne peut que se rappeler cette série culte de 1983, malgré ces seulement 8 épisodes, où Jonathan Chase avait la faculté de se transformer en animal sauvage, et qui utilisait ses pouvoirs pour tuer les méchants et sauver les gentils. Et bien, la période Aigle/Panthère/Serpent est révolue ! Désormais, en 2004, lorsque l’on entendra ou lira le mot Manimal, il faudra plutôt avoir en tête l’image de 5 ‘boeufs’ venant de la Haute-Garonne prêts à tout pour vous exploser les tympans !

Manimal est probablement le dernier arrivé sur la plus que talentueuse scène toulousaine. Le groupe est si nouveau qu’il n’a pas encore fait de scène (la première est prévue pour le 06 février 2004). Alors pourquoi s’intéresser particulièrement à ce groupe ? Et bien parce que Manimal est le résultat de la fusion de 5 membres actifs de la scène métal (avec dans le tas des membres de Sailenth, Leiden, et deux p’tits gars de chez Psykup. Rien que ça…), et que après à peine 6 mois d’existence, le groupe vient déjà de sortir son premier effort.

L’artwork du CD, bien que très sobre, est très réussi. Le livret est assez vide, un recto/verso seulement, mais il ne faut pas oublier que le CD n’est qu’une démo. Passons donc au contenu même du CD, qui avouons le, sera moins ‘discret’ que la jaquette : WWOOOUUAAAAAAARR (etc.) ! C’est ainsi que Ju débute le CD… Autant le dire de suite, ça va envoyer du steak (de boeufs). Dans Manimal, Ju a laissé sa guitare dans le local de Psykup, et se consacre ici entièrement à ses cris stridents qui nous vrillent les tympans.

Take Me‘ est lancée. Le riff est on ne peut plus simple, mais on ne peut nier son efficacité. La double pédale nous martèle le cerveau en règle, le chant si spécifique à Ju est d’une clarté parfaite sur les couplets, et d’un aigu criard très haut perché sur les refrains. Il terminera le titre en accompagnant note à note le riff de guitare, ce qui donne une ligne de chant que lui seul peut oser. ‘The Dark Half‘ s’enchaîne parfaitement. C’est sans en douter le plus complet des titres ; c’est aussi celui qui rappelle le plus les ‘autruches toulousaines’, ceci dû au grand nombre de changements. On passe de riffs Death à des passages Jazzy, de riffs en palm mute terriblement jumpants à des arpèges, qui nous permettront d’apprécier la qualité de Manimal à faire autre chose que du rentre-dedans.

Break‘ risque d’être une véritable tuerie en concert, avec son intro très, mais alors très jumpante. Le petit passage funk qui introduit le refrain colle parfaitement au reste du titre, et le titre de terminera dans un bain de décibels où tout le monde se noiera volontiers. ‘Né Pour Tuer‘ contrairement aux autres titres est chanté en français. A croire que Ju ne saura jamais faire un choix entre les 2 langues ! Ce titre est le plus lourd des quatre. Les couplets ont un tempo très lent, un chant clair limite susurré, mais cela n’empêche pas quelques excitations sur les refrains et surtout sur la fin du titre qui clôturera trop rapidement ce CD. On en veut d’autres !

Malgré toutes ces qualités, le CD n’est pas exempt de petits défauts. On pourra en effet regretter sur l’ensemble du CD un son assez moyen ; on entend très peu la grosse caisse et la basse, et ce son rend certains passages un peu brouillons (l’intro de ‘Take Me‘, la fin de ‘Break‘…). Malgré tout, cette démo a été enregistrée ‘à la maison’, et ceci explique donc cela. On n’a pas trop d’inquiétudes à avoir pour ce que sera leur premier véritable maxi ou album. L’autre chose que Manimal peut craindre serait qu’on les compare trop souvent à Psykup à cause de (grâce à ?) la présence de Ju au chant. Mais bon, a-t-on déjà vu quelqu’un cracher sur Superjoint Ritual ou Down parce que ‘sieur Phil Anselmo y tient le micro ?

Manimal nous montre donc avec ce premier effort qu’ils sont capables du meilleur, bien qu’ils n’en soient qu’à leur début. C’est le disque qui tourne en boucle en ce moment pour énerver le voisinage. Autant pour les riffs monstrueux que pour les cris stridents de notre Ju national.