Quand Agora Fidelio a annoncé son triptyque Les illusions d’une route, nous étions enthousiastes quant au résultat: s’il y a bien un groupe qui peut pour réussir un projet aussi ambitieux, c’est bien lui ! se disait-on. [url=http://www.visual-music.org/album-Les+illusions+d%27une+route+-+Barcelone.htm]Barcelone[url] est venu quelque peu atténuer notre confiance, l’album étant joué en mode automatique, sans réelle aspérité.

A [url=http://www.visual-music.org/album-Les+illusions+d%27une+route+-+Bagdad.htm]Bagdad[url], l’approche est différente, presque minimaliste; les chansons sont épurées de tout effet superflu. On a calmé les delays lourdingue, supprimé les crescendo post rock larmoyants. On va direct à l’essentiel à savoir mettre les textes sur un piédestal mérité.

Toujours sur le fil entre sophistication et naïveté, Agora Fidelio évoque sans manichéisme le fanatisme et l’auto-destruction, le désir et les regrets, le tumulte et la paix. Les paroles n’accusent personne nommément – elles incarnent, ressentent, explicitent avec autant de pugnacité (C’est une guerre) que d’empathie (J’ai vu, meilleur titre du groupe à ce jour)

Alors oui, le côté Viens kiffer mes textes comme ils sont trop beaux pourra en agacer certains (les mêmes qui trouvent MOPA prétentieux, sans doute) et même après une trentaine d’écoute, Chaos debout n’a toujours ni queue ni tête. Il n’empêche que si [url=http://www.visual-music.org/album-Les+illusions+d%27une+route+-+Barcelone.htm]Barcelone[url] nous avait déçu, [url=http://www.visual-music.org/album-Les+illusions+d%27une+route+-+Bagdad.htm]Bagdad[url] rectifie joliment le tir. C’est de bonne augure pour Belfast.