Quelle déception. Moi qui attendais ce moment depuis tout ce temps, guettant l’ouverture pour sévir !
Non mais imaginez ! AqME !
Son leader qui se chiale plus qu’il ne chante ;
Ses textes plus pompeux les uns que les autres ;
Ses riffs plats comme une coureuse kenyane ;
Les balades neurasthéniques ;
Du pain béni pour le chroniqueur avide de cible facile que je suis !

Mais non, déception. Épithète, Dominion, Épitaphe est un album tout à fait audible – si le chanteur/leader Thomas n’avait pas récemment quitté le groupe, j’aurais même dit encourageant. Certes, les textes laissent toujours autant perplexes (ce titre d’album, franchement…) et la balade Plus tard vs trop tard est insupportable. Mais dès les premières secondes, l’épaisseur du son surprend : Le rythme est soutenu, les guitares sont grasses et incisives, le chant a le bon goût d’être gueulé – et ce sur la grande majorité de l’album (le reliquat chanté doit être évité à tout prix).

Mais ce qui étonne le plus c’est que les compositions sont correctes et un tant soit peu variées : speed metal sur Idiologie, hardcore satiné à la Cave In sur Adieu ! et Luxe assassin, metal sombre puissant et guttural pour My english is pretty bad ou Marketing armageddon… Heureusement que quelques titres comme Epithète, Dominion, Epitaphe ou le très forcé 110.587 rappellent la propension du groupe à jouer des morceaux insipides et déprimants.

Bref, j’ai voulu langue-de-puter comme un sagouin, je me suis bien vautré. AqME n’est pas soudainement devenu un bon groupe, mais Épithète, Dominion, Épitaphe (sérieux, ce nom quoi…) n’a rien d’infamant. Bon, il va falloir que je me trouve une autre victime expiatoire.