En septembre 2011, Gregory Hoepffner, attachant olibrius qu’on a toujours soutenu corps et âme dans nos colonnes toutes rouges, annonce qu’il se lance dans un nouveau projet solo, un truc avec un kick bloqué à 130 bpm, un groove minimal et des guitares trempées dans la reverb la plus absolue. Jamais avare en conclusion hâtive, j’imagine déjà un EP catchy et teigneux, dans la lignée des missiles du trio strasbourgeois Electric Electric, dont l’ancien cerveau en chef de Radius System est fan devant l’éternel. Que nenni ! EP#1 d’Almeeva est en réalité une collection de curiosités spatiales et mécaniques. Le contre-pied est total. Et néanmoins séduisant.

Un [url=http://almeeva.bandcamp.com/album/milkymee-before-the-truth-ep]remix[url] pour [url=http://www.milkymee.com/]Milkymee[url] et un [url=http://cdn.memegenerator.net/instances/400x/24558430.jpg]passage[url] sur NBC Olympics plus tard, Almeeva persiste et signe avec EP#2. Un intitulé machinal, encore. Un cinq titres, encore. Un bain de reverb, encore. Des arrangements électroniques léchés, encore. Une armée de kicks réglée comme une Casio A168WG 9EF trop lumineuse pour toi passé minuit, encore. De la redite ? Non : une hausse de niveau stratosphérique. Individu modeste, impliqué dans un rondelet pourcentage des albums français les plus injustement sous-estimés des cinq dernières années, Hoepffner vient de pondre, involontairement, un disque (ou, devrais-je dire, une [url=http://www.blwbck.com/catalog/2012/08/almeeva-ep2/]cassette[url]) capable de faire crever de combustion spontanée une grande partie des fils de pute qui maintiennent actuellement le post-rock en coma artificiel sur blogspot, persuadés depuis trop longtemps que la résurrection du genre rejaillira d’un champ de pédales Boss et que Mogwai est un groupe qui fait encore des choses intéressantes hormis donner des titres poilants à ses skeuds. Un EP chamanique et abouti, de la basse cabalistique de Strobe à la rave glaciale de Snow, atteignant des profondeurs abyssales en moins de trois minutes là où des bus entiers de mecs avec des t-shirts Godspeed You! Black Emperor se sont pétés la gueule en essayant de tutoyer la barre des dix minutes. Espérons que les illustrateurs sonores de NBC ne soient pas les seuls à s’en rendre compte.