Ah les Pixies

rien qu’en évoquant leur nom ici à Visual, on a tout un tas de souvenirs adolescents qui remontent. Il faut dire que c’était la classe à l’époque au lycée quand tout le monde les découvrait via Fight Club de dire Ouais, je connais Where is my mind, c’est Pixies, en plus Cobain leur doit tout avec la fougue d’un jeune branleur. On ne te fera pas l’affront, ami lecteur, de refaire l’historique du groupe, on est pas sur wikipédia ici.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est donc un hommage rendu par la scène lilloise et une énième preuve de leur impact sur toute une génération de rockeurs au sens très large du terme. Doolittle est souvent considéré (à juste titre pour ma part) comme le meilleur album des quatre fantastiques et l’un des meilleurs opus de la décennie 80’s qu’il est venu clôturer de fort belle manière. S’attaquer à un tel monument peut donc sembler :

a-perdu d’avance tant tous les titres de ce disque sont devenus des classiques
b-une promesse de redécouvrir d’une manière différente les héros de notre jeune temps (même si Franck Black n’a pas trop la dégaine d’un héros Marvel)

Connaissant la plupart des groupes d’min coin, j’optais sans sourcilier pour le choix b avant même de démarrer le téléchargement gratuit de ce Redoo. Et je n’allais pas être déçu du voyage. Car autant le dire tout de suite : il y en a vraiment pour tous les goûts dans Redoo (slogan déposé).
Amateur de reprises fidèles ou de morceaux déstructurés, de calme ou d’envolées énervées, on y trouve son compte à coup sûr. A commencer par ce Debaser magistral par Le duc factory qui remporte le pari de moderniser le morceau tout en restant fidèle au rythme original. Cela continue d’aussi belle manière avec Tame que Green Vaughan dynamite à coup de sons électros très tranchants. Et ils seront quelque uns à rester fidèles à un son indie rugueux et à réussir également leur transformation : d’abord The Hanged man and the moon dans un Here comes your man félin, Ed Wood Jr dans son registre Math rock, Château Brutal pour I bleed, Bison Bisou pour un number 13 baby At the drive in-ien qui pourrait presque surpasser l’original, un Monkey sous lexomil par Fat supper ou même Marvin Hood et son psyché Dead.

Pour le reste, on part dans des ré-interprétations beaucoup plus éloignées de « l’esprit Pixies », à commencer par mes chouchous de Roken is Dodelijk (le meilleur groupe lillois du monde) pour un Crackity Jones pop où la batterie électronique et les choeurs font simplement mais tout bonnement merveille. Sensation d’émerveillement pop partagée également sur Mr Grieves que Peru Peru reprend carrément mieux que Tv on the Radio.
On accrochera juste moins sur le Wave of Mutilation version Shiko Shiko (la voix coince un peu) ou le trop facile There goes my gun électro pop proposé par We are enfant terrible.
En fin d’album, Bobik ou Sacha nous offre un beau moment de plénitude entre cordes et banjo pour Silver tandis que Cercueil et Pan Aurora iront lorgner du côté de la new wave, respectivement pour un long Hey et un très modien Gouge away qui clotûre ces reprises avec classe.
Suivront 3 remix qui à mon goût dénaturent un peu l’esprit de l’entreprise qui aurait gagné à suivre uniquement la tracklist originale.

Le pari est donc remporté pour nos jeunes groupes ch’tis qui pourront certainement s’ouvrir de nouvelles portes à l’international étant donné que le groupe lui-même approuve et partage le téléchargement de ce tribute mais surtout tant cette compilation semble fonctionner dans ce qu’on attend d’un album : la diversité dans la cohésion.

Pour télécharger l’album, rendez-vous sur le site : [url=http://www.redoo.fr]www.redoo.fr[url]