Sur le label Antistatic, Leiden fait un peu figure d’exception : alors que les autres groupes (Psykup, Delicatessen…) évoluent tous plus ou moins dans une sphère néo-métal facile d’accès, le combo toulousain se démarque par son côté beaucoup plus sombre, voire glauque. Avec ‘Empty‘, un album sorti en décembre 2003, Leiden s’est clairement affiché comme un des ténors d’une nouvelle scène, le nü-dark. Disséquons la bête pour voir de quoi il en retourne…

Le premier truc qui saute aux oreilles lorsqu’on met le CD dans la chaîne, c’est que c’est une fille qui chante ! Bah ouais, c’est super rare en ce moment, et mis à part Evanescence, No Doubt et Superbus (géniales mes références, hein ?), on ne recense pas tellement de groupes de la sorte. Bérangère nous fait donc profiter de sa voix cristalline durant 11 morceaux, aussi bien en français qu’en anglais ou encore en allemand. Les synthés et autres boites à rythmes, quasi inexistants dans le néo-métal, apportent également une certaine touche d’originalité à ce CD (cf. l’intro de ‘Cry‘).

Le premier morceau (‘Empty‘) démarre sur les chapeaux de roue, avec un gros riff super efficace. On appréciera l’ambiance très enfantine, un peu à la Resident Evil, sur ‘A New Place‘. Idem pour ‘Le Possédé‘ (un hommage à Baudelaire), avec des synthés dignes d’un film de Dracula, et un chant oriental absolument superbe. ‘Les Maux‘, très lourde, alterne les chants purs et aigus de Bérangère et les incantations gutturales de Wilfried, avant que le morceau ne s’assombrisse sur la fin. Surprise, sur l’interlude ‘Das Wort Vom Zur-Tiefe-Gehen‘, on retrouve des parties chantées en allemand (me demandez pas de traduire…), ainsi que des guitares acoustiques très orientales qui ne déplairont pas aux fans de Grip Inc. époque ‘Solidify‘. Une réussite.

Après plusieurs écoute de cet album, on remarque que les morceaux évoluent dans 2 catégories : soit un dark métal très lourd (‘Empty‘, ‘Entlarvt‘, ‘Spirale‘…), soit un style plus mélancolique et épuré. Et c’est cette deuxième catégorie qui se révèle la plus intéressante, en raison de son originalité (notamment les 2 interludes ‘Das Wort Vom Zur-Tiefe-Gehen‘ et ‘La Brèche‘). En effet, les morceaux les plus bourrins ont des riffs trop similaires, calés sur un rythme implacable de double pédale (ex : ‘Cry‘).

Au final, cet album nous laisse sur notre faim. Même si des idées sont assez envoûtantes ça et là, on a globalement la désagréable impression d’avoir entendu un unique morceau de 46 minutes… En effet, beaucoup trop de chansons se ressemblent, et les idées intéressantes sont malheureusement sous-exploitées (uniquement lors d’intros ou d’interludes, TRES réussis je vous le rappelle). Les riffs sont quant à eux bien trop répétitifs, et les 2 guitaristes abusent de l’alternance entre notes sifflantes et gros riffs néo basiques. En ce qui concerne le chant, Bérangère démontre un sacré talent (quelle pureté sur la fin de ‘Gangrène‘ !), même si elle évolue toujours dans le même registre, un peu monotone. Mais c’est surtout la voix death de Wilfried qui gâche, de mon point de vue, les ambiances agréables qui se dégagent de certaines chansons. L’album attire donc l’oreille sans parvenir à la captiver de bout en bout. Musicalement, le groupe a du talent, c’est une certitude, mais les compositions ne sont pas encore à la hauteur de celui-ci. Pour la suite, on se prend à espérer que les parties calmes seront plus mises en avant, et surtout que Bérangère tiendra l’unique micro du combo.