Karma To Burn avait quelques chansons à nous faire écouter et plutôt que d’attendre d’en avoir suffisamment pour faire un album ils ont préféré nous sortir un EP. L’objet est sorti chez un label italien dans une tripotée de couleurs rigolotes et avec un artwork cool signé Alan Forbes. Jusque-là rien que de très normal et vous me direz peut être même que si on est ni fan ni collectionneur on s’en fout un peu. Le principal intérêt de cet EP c’est qu’il s’agit du premier enregistrement du groupe avec leur nouveau batteur Evan Devine, lequel a depuis l’été dernier la lourde tâche de remplacer ce clodeau magnifique qu’était Rob Oswald. Rob Oswald c’était une dégaine d’homme préhistorique sous LSD, mais surtout un jeu atypique facilement reconnaissable. S’il existe quelques mécréants prêts à dénier les qualités du bonhomme qu’ils aillent jeter un oeil au concert de Karma To Burn aux [url=http://www.youtube.com/watch?v=ye0cG4Gf30s]Stoned Gatherings[url]. Le (plus) jeune Evan Devine sait qu’il ne passe pas après n’importe qui. Il tape juste et fort. Il est parfait, peut être un peu trop. S’il n’a pas le style de son prédécesseur, il apporte en revanche une énergie nouvelle et une efficacité qui se ressentent particulièrement sur la deuxième face du disque.

La première face nous présente deux nouveaux morceaux (Fifty Three et Fifty Four) et un alien (Space Tune). Fifty Three poursuit ce qui avait été entamé avec V, le retour à un son plus lourd et sombre. L’intro flirte avec le doom et le refrain reste pesant. Fifty Four est un de ces diables d’efficacité dont seul Karma To Burn a le secret. Un riff imparable qu’on imagine déjà faire trembler les fosses et sautiller les poilus. Space Tune ressemble à une sorte de jam construite autour d’un thème étrangement familier. De space elle n’a que le nom. Si le rythme est bien plus lent que ce qu’on a l’habitude d’entendre de leur part et que le solos semblent improvisés, ne vous attendez pas non plus à une version psyché de Karma To Burn. Une curiosité intéressante sur album mais qu’on ne s’attend pas à retrouver en live.

La deuxième face est constituée de réenregistrements de titres récents. Pas n’importe quels titres puisqu’il s’agit de Forty One et Forty Two, les deux morceaux épiques qui se détachaient d’Appalachian Incantation et de Forty Seven, le monstre qui avait la lourde tâche d’ouvrir V et qui reste surement une des plus belles pièces de l’album. Une deuxième face en forme de best of de la reformation donc. On peut se demander l’intérêt de réenregistrer des titres vieux de trois ans, si ce n’est pour donner un aperçu des performances du nouveau batteur sur les morceaux joués par Rob.
La différence est particulièrement marquée sur Forty One et Forty Two enregistrés à l’époque par un groupe qui se retrouvait à peine et qui ont depuis eu le temps d’être usées et retravaillées sur la route. Les envolées se font plus planantes et les contre coups plus violents encore. Forty Seven reste le tube qu’il était déjà à la sortie de V mais a droit lui aussi à un petit coup de pied au cul qui le rend plus punchy.

Mission accomplie, le Karma To Burn nouveau démontre sa toute-puissance sur de nouvelles compositions et parvient à réinventer des titres sur lesquels on n’avait déjà rien à redire. On attend maintenant l’album de cette nouvelle formation et les innombrables concerts qui le suivront très certainement.