Elles sont brunes et pâlichonnes et sont attendues au tournant après un premier EP l’an dernier qui a fait tourner quelques têtes. Les Savages, c’est 4 femmes anglaises prêtes à vous taper violemment les tympans la frange en avant. C’est un fait, Silence Yourself porte mal son nom : Savages nous invite, nous ordonne avec son premier album à ouvrir grand notre gueule et à taper du pied sur un rock sec et brut. Ces 11 morceaux ont cette fascinante capacité à faire le pont entre le déjà entendu et la réappropriation maline.

Plus que jamais, l’incontournable Joy Division pointe le bout de son nez avec la basse menaçante de Strife et les envolées perdues de Jehn sur la lancinante et over cold-wave Waiting for a Sign évoque notre pendu préféré. Au jeu habituel des citations, on pense aussi à Sonic Youth ou encore aux aboiements de Karen O des Yeah Yeah Yeahs sur Hit Me. Les couilles en plus. Reconnu pour ses uppercuts droits dans la mâchoire comme sur la géniale Husbands. la meute enragée frappe à nouveau avec des morceaux pieds au plancher comme She Will ou No Face.

N’oubliant pas la carte de l’ambiance, Savages joue la montre avec l’interlude Dead Nature, un moment d’accalmie assez vain qui nous fera vite passer à la suivante… A l’heure où les YYY’s se doivent buzzer avec une pochette immonde, où les Kills et Gossip habillent les pubs et défilés de mode au lieu de penser à leur musique, Savages est là pour récupérer le flambeau avec les dents. Dans une époque où on essaie de faire marcher coûte que coûte un duo de rappeuses consternant et incontinent, c’est beau de nous montrer que derrière des opérations marketing, un peu de musique ça ne fait pas mal. Certes, elles ne réinventent pas grand-chose mais leur maîtrise du répertoire eighties est aussi efficace que jouissive. Avec une formule simple basée sur des refrains répétés jusqu’à la transe, on oublie les quelques morceaux plus clichés et poseurs (Marshal Dear) pour vite se dire qu’en 2013, rares sont les groupes à ne pas nous faire chier avec des albums de pleureuses !

Allez les meufs, Coachella, c’est bien beau mais quand est-ce qu’on vous voit dans nos contrées pour voir si vous rendez aussi les coups en live ?